Image default
Economie

Les réseaux sociaux durcissent la modération des contenus pro-hydroxychloroquine


Vêtus de leur blouse blanche, une douzaine de médecins se succèdent devant un micro pour vanter l’hydroxychloroquine et demander aux autorités de les laisser prescrire le médicament. La séquence, qui a eu lieu devant la Cour Suprême américaine à Washington, a originellement été captée et postée par le média d’extrême droite Breitbart News. Elle est instantanément devenue virale et a convaincu deux personnalités de premier plan: Donald Trump et son fils, Donald Trump Jr, qui l’ont partagé sur leurs comptes Twitter.

La réponse du réseau social ne s’est pas fait attendre. L’extrait publié sur le compte du président américain, ainsi que plusieurs liens vers la vidéo publiée lundi, ont été supprimés par Twitter coup sur coup. La plateforme a aussi appliqué des mesures restrictives au compte de Donald Trump Jr, faisant valoir que la vidéo ne respectait pas le règlement du réseau social et pouvait être considérée comme un «partage de fausse information sur le Covid-19». Le fils aîné du président américain a vu son compte suspendu pour une durée de 12 heures.

YouTube et Facebook ont ensuite emboîté le pas de Twitter et se sont lancés à la chasse de cette vidéo controversée du collectif «America’s Frontline Doctors». «Nous avons supprimé cette vidéo qui partage des informations fausses sur les traitements du COVID-19», a ainsi indiqué Andy Stone, porte-parole du réseau social de Mark Zuckerberg.

«Vous n’avez pas besoin de masques»

Le médicament à base d’hydroxychloroquine associé à du zinc fait l’objet d’une controverse depuis plusieurs mois. En juin, la Food and Drug Administration (FDA), chargée d’autoriser la commercialisation des produits alimentaires et des médicaments, a supprimé l’autorisation d’urgence dont l’hydroxychloroquine faisait l’objet pour traiter le Covid-19. Elle a notamment cité des études randomisées qui pointent du doigt des effets potentiellement sévères sur la santé des patients, sans que l’efficacité du traitement ne soit démontrée par ailleurs.

«J’ai l’impression que ce débat est devenu politique. Je ne comprends pas», a expliqué Donald Trump lors d’une conférence de presse suivant la suppression de la vidéo sur son compte Twitter. «Je pense que ce sont des docteurs très respectés».

Le collectif «America’s Frontline Doctors» s’est formé récemment, autour de plusieurs scientifiques sceptiques quant aux mesures préconisées par les autorités américaines pour contrer l’épidémie de coronavirus. Leur allocution devant la Cour Suprême, véritable coup médiatique, était soutenue par le Tea Party, organisation conservatrice soutenant le président Trump. L’une des médecins présente dans la vidéo, Stella Immanuel, y prend notamment la parole: «vous n’avez pas besoin de masques. Un traitement existe. Non, nous n’avons pas besoin de confiner les gens. La prévention est là, et un traitement existe.» La vidéo a séduit des défenseurs de l’hydroxychloroquine mais aussi des groupes anti-masques ou anti-vaccins, actifs sur Facebook.

Mais des doutes ont émergé quant à la crédibilité scientifique du collectif «America’s Frontline Doctors». Stella Immanuel a défendu par le passé que les responsables politiques américains étaient «mi-humains, mi-extraterrestres». Le site americasfrontlinedoctors.com, créé par le groupe le 15 juillet, est quant à lui inaccessible à ce jour.

Difficile à endiguer

La suppression de la vidéo sur le compte Twitter de Donald Trump est un épisode de plus dans le bras de fer qui oppose le président et le réseau social, qui constitue son moyen d’expression privilégié. À quelques mois de l’élection présidentielle américaine, Twitter a entrepris de ne laisser passer aucun tweet qui puisse enfreindre sa charte. Plusieurs messages du président ont été supprimés car considérés comme de «fausses informations».

Dans sa charte de modération, Twitter s’est plus spécifiquement doté d’une règle spécifique concernant les contenus faisant la promotion de l’hydroxychloroquine. Il est ainsi indiqué que les tweets qui contiennent «des allégations faites par des personnes se faisant passer pour un gouvernement ou un responsable de la santé et affirmant que l’hydroxychloroquine préviendra le COVID-19» doivent être supprimés.

La réaction rapide des différentes plateformes n’a pas empêché la vidéo de devenir virale. Elle continue ainsi d’être partagée par des comptes très actifs sur ce sujet. Il s’agit également des premiers contenus proposés par Twitter en recherchant le hashtag «#Hydroxychloroquine». La plateforme a indiqué poursuivre ses efforts pour supprimer ces contenus.





Source link

Autres articles

vers un retour en force de la voiture ?

administrateur

l’UFC-Que Choisir tance les compagnies aériennes

administrateur

Emmanuel Macron donne à l’automobile un cap électrique

administrateur

arrêtez tout et Netflix assumera les conséquences»

administrateur

Et pourquoi pas des villages seniors autour de châteaux à la campagne?

administrateur

Elisabeth Moreno, la présidente d’HP Afrique, récupère le portefeuille de Marlène Schiappa

administrateur