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Economie

Les restaurants ouverts pour les salariés du bâtiment craignent de se voir priver de l’accès au fonds de solidarité


Depuis le début de l’année, près d’un millier d’établissements ouvrent leurs portes entre midi et deux pour accueillir certains professionnels. Mais avec cette petite activité, ils prennent le risque de perdre une partie de leurs aides.

Face au Covid, la solidarité s’organise. Depuis le début de l’année, quelques restaurants sont à nouveau ouverts à l’heure du déjeuner pour accueillir les professionnels forcés de travailler en extérieur, dont ceux du bâtiment et des travaux publics. Grâce à un système dérogatoire, ces établissements peuvent ainsi leur proposer un lieu pour déjeuner. Pour autant, le dispositif peine à s’étendre, les restaurateurs craignant d’en subir le revers de la médaille.

Car en recevant des clients, ils prennent le risque de se priver de certaines aides allouées aux établissements fermés administrativement à cause de la crise sanitaire, en particulier l’accès au fonds de solidarité. Ce dernier prévoit jusqu’à 10.000 euros ou d’une indemnisation de 20% du chiffre d’affaires mensuel dans la limite de 200.000 euros par mois en cas de fermeture totale. Toutefois, même ouverts, les établissements peuvent bénéficier d’une aide maximale de 15.000 euros ou d’une indemnisation de 15% de leur chiffre d’affaires mensuel, seulement s’ils enregistrent une baisse d’au moins 50% de leur chiffre d’affaires. Craignant de dépasser ce chiffre et de devoir renoncer à d’autres aides, les restaurateurs sont donc peu enclins à accueillir à nouveau des clients.

Une situation que déplore Gérard Gautier, président de la Chambre des métiers et de l’Artisanat. «Le restaurateur va se retrouver pénalisé alors que, s’il rouvre, ce n’est pas dans le but de gagner de l’argent mais par solidarité», argumente-t-il. Il dénonce également le fait que le chiffre d’affaires généré par ces ouvertures sur dérogation ne soit pas considéré au même titre que celui provenant de la vente à emporter et à distance. Les restaurants qui l’ont mis en place n’ont pas à déclarer ces revenus dans le chiffre d’affaires pris en compte pour le calcule de leurs aides comme l’a annoncé Bruno Le Maire le 14 janvier dernier.

Des négociations à venir

«Nous n’étions pas au courant de ce risque. Si cela avait été le cas, nous aurions prévenu les restaurateurs et je peux vous garantir qu’ils ne seraient pas restés ouverts», plaide Gérard Gautier qui craint que cela ne freine l’élargissement de ce dispositif. Mis en place pour la première fois dans la Creuse, il concerne pour l’instant près d’un millier de restaurants répartis sur une dizaine de départements, dont le Loiret et ses instigateurs aimeraient le voir se développer sur tout le territoire. L’Union de métiers de l’industrie et de l’hôtellerie (Umih) en fait partie. Hubert Jan, président de l’Umih restauration a lui aussi été alerté par les inquiétudes des restaurateurs. Dans son département, le Finistère, sur les 2500 restaurants, seuls trois ont accepté de rouvrir leur établissement entre midi et deux. «Si c’est pour faire un maigre chiffre d’affaires et perdre des aides, ça les fait réfléchir», soupire-t-il.

Mais Hubert Jan l’assure : des négociations vont être menées avec le ministère de l’Économie. «Il faut que les choses se mettent en place et après nous allons discuter avec Bercy pour obtenir l’accès à ces aides. Nous allons, notamment, essayer de négocier pour que le chiffre d’affaires généré ne soit pas pris en compte dans le calcul des aides», explique-t-il au Figaro.

En colère, Gérard Gautier a, lui aussi, tenté d’alerter le gouvernement en faisant part de son désarroi auprès de la préfecture du Loiret. Bien qu’«en colère», il «avait bon espoir d’être entendu». À raison puisque l’affaire est rapidement remontée aux oreilles de la ministre déléguée à l’industrie. Agnès Pannier-Runacher a confirmé ce mardi que «le gouvernement veillera à ce que les établissements bénéficient des mêmes aides que les autres restaurants encore fermés, à savoir l’activité partielle prise en charge à 100%, les exonérations de charges sociales et l’accès au fonds de solidarité». De quoi rassurer la profession et offrir aux ouvriers de nouveaux lieux où déjeuner.



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