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Economie

Les Restos du cœur ont récolté 7800 tonnes de denrées, un résultat «exceptionnel»


Ce chiffre, en hausse de 400 tonnes par rapport à 2020, doit répondre au défi d’une précarité accentuée par la crise sanitaire.

La crise économique et sanitaire ne semble pas avoir ébranlé la générosité des Français envers les plus démunis, bien au contraire. Du 5 au 7 mars 2021, 7800 tonnes de denrées alimentaires et de produits de première nécessité ont été récoltés par les Restos du cœur, une hausse de 400 tonnes par rapport à 2020. On estime que 7 millions de repas vont pouvoir être distribués grâce à cette collecte, en plus des produits de première nécessité.

Pourtant, la situation ne prêtait guère à l’optimisme. Avec un traditionnel concert des Enfoirés privé de son public et 10 départements français obligés de reporter la collecte pour des raisons matérielles liées au protocole sanitaire, l’association fondée par Coluche avait particulièrement besoin d’un élan de générosité. Et les Français ont été au rendez-vous, comme l’explique Patrice Douret, président des Restos du cœur depuis janvier.

«C’est un signal assez fort de générosité ! Les Français ont été extrêmement sensibles à l’augmentation de la précarité qu’on a pu voir ces derniers mois, explique le président de l’association. Je pense que tout le monde est assez conscient du fait que cette précarité augmente lorsque les amortisseurs sociaux, toutes les aides qui sont en place, se réduisent ou cessent».

«Les personnes en difficulté n’ont pas le choix entre manger et se laver»

Cette année, 75.000 bénévoles se sont engagés pendant trois jours, «dans le respect le plus strict des gestes barrières», pour collecter des denrées dans plus de 6000 commerces en France. À la collecte des dons en nature des particuliers se sont ajoutés les dons alimentaires des industriels et la récupération des produits invendus dans les commerces.

Si la répartition des dons ne sera disponible que d’ici quelques semaines, une tendance «intéressante» se dégage, selon Patrice Douret. «Les donateurs et donatrices se sont autant orientés vers des produits alimentaires habituels que vers des produits alimentaires différents, ce qui permet d’assurer une certaine diversité. Des produits coûteux comme des protections périodiques ou du dentifrice ont aussi été fortement collectés, assure-t-il. C’est intéressant car très souvent malheureusement, les personnes en difficulté n’ont pas le choix entre manger et se laver».

Les moins de 25 ans au cœur de la précarité

Avec la crise sanitaire, cette hausse des donations est particulièrement bienvenue. Patrice Douret évoque parmi les personnes en situation de précarité des retraités, des jeunes de moins de 25 ans, qui représentent «50% des personnes accueillies par l’association», et les familles monoparentales, «avec pour 90% d’entre elles des femmes qui sont seules avec enfants». «Cette crise a mis en avant la précarité des travailleurs pauvres, comme les saisonniers et les intérimaires. La situation qui nous a le plus préoccupés est celle des étudiants, pour lesquels nous avons mis en place des opérations inhabituelles, notamment la livraison de denrées alimentaires en grande quantité dans les associations de représentants». L’association prévoit désormais de capitaliser ces dons pour anticiper l’augmentation du nombre de personnes en situation de précarité dans les mois à venir .

Au cours de la collecte, les Français ont également apporté un soutien moral aux Restos du cœur. De simples échanges, des mots d’encouragement, mais aussi de modestes contributions d’enfants, des gestes qui ont touché Patrice Douret et l’ensemble de l’association. «C’est exceptionnel. C’est une association qui est aimée des Français. Beaucoup de donateurs ont pris le temps de s’arrêter, de demander comment on avait vécu ces derniers mois et comment devenir bénévole au sein des Restos du Cœur. Et puis on a eu de vrais mercis et de vrais encouragements pour continuer notre lutte et continuer à être présent» conclut-il avec fierté.



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