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Finance

Les rois de la consommation dominent les Bourses mondiales



L’emprise grandissante de la « tech » sur Wall Street masque une tendance de fond moins souvent évoquée : celle de la montée en puissance des géants des biens de consommation sur les Bourses mondiales. En vingt ans, le secteur est « passé de 6 à 18 % des capitalisations boursières mondiales », soulignent Pascal Quiry et Yann le Fur, dans la dernière lettre du Vernimmen. Les co-auteurs du célèbre manuel de finance recensent chaque année les 20 principales capitalisations boursières de 14 pays ou zones économiques. De quoi « faire des constats de longue période car les 20 premières capitalisations représentent souvent une part très significative de la capitalisation boursière totale de ce pays. »

Apple et le luxe

Deux phénomènes ont propulsé le secteur des biens de consommation au premier plan : la formidable ascension d’Apple et le développement du luxe. La marque à la pomme qui valait moins de 5 milliards de dollars en 2000, pèse aujourd’hui 1.378 milliards de dollars (donnée Bloomberg, au 29 mai), juste derrière Microsoft (1.390 milliards de dollars).

Les valeurs de la consommation et du luxe se sont largement épanouies en Europe. En 2018, LVMH (propriétaire des Echos) est devenu la première capitalisation de la Bourse de Paris. Le groupe de luxe pesait 189 milliards d’euros, à fin mai. « LVMH valait le quart d’Orange en pleine bulle TMT, contre six fois plus en 2020 », font remarquer Pascal Quiry et Yann le Fur. Nestlé, Unilever et Danone ont, eux aussi, crû beaucoup plus vite que la moyenne des grandes sociétés cotées. Avec 290 milliards d’euros de capitalisation, Nestlé, le géant suisse de l’agroalimentaire vaut quasiment autant que l’américain Walmart.

Effondrement de l’industrie

Cette progression s’est opérée au détriment des secteurs de l’industrie et des services. En vingt ans, la part de l’industrie dans les capitalisations boursières mondiales est passée de 25 à 10 %. Un véritable « effondrement », soulignent les auteurs du Vernimmen, symbolisé par le déclassement de General Electric . Depuis 2018, l’ancien fleuron de l’industrie américaine ne fait plus partie des 20 premières capitalisations américaines. Et alors qu’il avait approché les 600 milliards de dollars de valorisation à l’été 2000, ce qui en faisait alors la première capitalisation mondiale -, celle-ci est tombée sous 60 milliards avec la pandémie.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce n’est pas le secteur Internet qui a pris le relais de l’industrie en bourse. En 20 ans, Google, Facebook et Tencent sont certes devenus incontournables, mais toutes les valeurs internet n’ont pas connu un tel destin. Cisco qui était la troisième capitalisation boursière mondiale a vu sa capitalisation se réduire d’un tiers. Et AOL, par exemple, a disparu du paysage. En outre, l’étude se base sur les chiffres d’avril ou mai de chaque année. Ce qui correspond quasiment au plus haut de la bulle internet pour l’année de référence.

Géographiquement, les Etats-Unis se taillent toujours la part du lion, avec 46 % des capitalisations boursières mondiales. Mais alors qu’en 2000, c’étaient General Electric, Intel, Cisco, Microsoft, Exxon Mobil et Pfizer qui expliquaient cette domination, en 2020, ce sont les géants de la tech Microsoft, Apple, Amazon et Alphabet.

La montée en puissance de la Chine

« Pour entrer dans le top 20 américain en 2000, il fallait peser l’équivalent de 117 milliards d’euros. Il faut en 2020 capitaliser 178 milliards d’euros », soulignent Pascal Quiry et Yann le Fur. Seuls Toyota au Japon, Nestlé, Roche et Novartis en Suisse, et cinq groupes chinois (Alibaba, Tencent, ICBC, Kweichow Moutai et China Construction Bank) pourraient y prétendre. La Chine pèse désormais 16 % des capitalisations boursières mondiales, contre 10 % en 2000. Suivent, dans l’ordre, le Japon, la Suisse, la France et le Royaume-Uni, chacun représentant 6 à 7 % du total. L’Allemagne ne représente plus que 5 % (contre 8 % auparavant) des capitalisations boursières. « En 2020, ses huit groupes industriels valent moitié moins que les huit groupes français de biens de consommation. »

A Wall Street, les stars de la tech… et les autres

Pour certains, la crise n’est plus qu’un mauvais souvenir. Facebook, Netflix et Amazon ont recommencé à battre des records à Wall Street. Pour d’autres comme Apple et Alphabet (Google), ce n’est probablement qu’une question de jours. L’indice FANG +, qui regroupe Facebook, Amazon, Apple, Netflix et Alphabet, ainsi que d’autres valeurs comme Tesla, Twitter, Nvidia ou Alibaba, a bondi de 22 % depuis le début de l’année, alors que le S & P 500 est encore en baisse de 6 % et que l’indice Russell 2000 qui comprend plus de capitalisations petites et moyennes perd 16 %.



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