Image default
Economie

Les salles de sport entament leur deuxième round contre les autorités


Mises à terre par leur fermeture confirmée à Paris et dans la petite couronne, les salles de sport n’ont pas dit leur dernier mot. Ce mercredi, de nombreux acteurs privés du secteur ont réitéré leur souhait de pouvoir rouvrir leurs portes aussi vite que possible, lors d’une conférence de presse organisée par le syndicat professionnel FranceActive-Fneapl. «La colère gronde» au sein de la profession, ont averti les participants.

Quelques jours après le passage de Paris et de ses alentours en zone d’alerte maximale, et alors que la plupart des référés-liberté déposés par FranceActive pour obtenir la réouverture des salles de sport ont été battus en brèche, les acteurs restent mobilisés. «Le monde du fitness représente 35.000 emplois directs, 15.000 indirects, 4600 salles et 7 millions de pratiquants. Aujourd’hui, c’est un monde en souffrance économique et qui pâtit d’une mauvaise image, colportée par le ministère de la Santé», a résumé le syndicat professionnel.

À VOIR AUSSI – «Touche pas à ma salle»: la colère des représentants des salles de sports à Paris

Dénonçant les décisions «brutales» des autorités, prises «sans concertation», dont celle du préfet de police Didier Lallement de maintenir la fermeture des salles de sport, les professionnels ont martelé que leur activité n’était pas un vecteur de contamination. Sa mise à l’arrêt est donc une «injustice» non-fondée, d’un point de vue sanitaire. «Sur 27 millions de passages enregistrés en juillet et août, nous avons eu 200 cas de contaminations seulement», a chiffré le président de la chaîne KeepCool, David Amiouni. «Notre protocole très strict validé par les autorités et mis en place depuis juin nous permettait d’accueillir nos clients dans de bonnes conditions. Les chiffres le montrent : nous n’avons pas eu de clusters dans nos clubs ! Nos adhérents sont en totale sécurité», s’est défendu le patron de l’Orange Bleue, Thierry Marquer. Un message également soutenu par l’ensemble des organisations présentes.

Une filière «stoppée en plein vol»

Rappelant les bienfaits du sport pour les individus, tant d’un point de vue physique, psychique que social, les professionnels ont aussi souligné l’urgence d’une réouverture des salles. «Il y a 23 ans, nous étions à 3% de taux de pénétration de notre activité dans la société. Nous étions arrivés à 8%. Depuis, nous avons été stoppés en plein vol», a regretté Patrick Mazerot, président de l’Appart Fitness. Or, les entreprises du secteur ont consenti d’importants investissements pour lancer leur activité. Fortement endettées, elles n’ont quasiment plus aucune rentrée d’argent depuis mars, à part quelques semaines entre juin et septembre. Elles doivent cependant encore payer leurs charges fixes, dont leurs salaires et loyers, particulièrement lourds. «Nous avons bénéficié du prêt garanti par l’État (PGE), mais celui-ci ne nous sauvera que quelques mois. Derrière, il nous empêchera de continuer à investir car nous en sortirons surendettés», s’est inquiété l’homme d’affaires.

Le bilan économique est pour le moins préoccupant : «100 salles» n’ont pas rouvert après le déconfinement et les firmes de la filière fitness estiment avoir perdu, en moyenne, 25% à 35% de leur chiffre annuel durant la première vague de l’épidémie. «Nous faisons face à un afflux de résiliations de la part de nos abonnés», a alerté le représentant de Basic Fit, soulignant que la reconstitution de ce portefeuille d’adhérents prendrait des mois. «Nous avons un double préjudice : économique, car notre activité a été coupée alors que nos charges demeurent, et moral : après avoir entendu les propos du ministre de la Santé, beaucoup ne voudront plus venir dans nos salles», a regretté le président de KeepCool.

Pas de retour à l’équilibre attendu avant 2022 au mieux

Pour s’en sortir, les professionnels demandent d’abord une réouverture de leurs salles, dans les zones où celles-ci ont été fermées. Des négociations sont en cours depuis plusieurs jours avec les ministères de la Santé et des Sports. Les représentants sont prêts à alourdir le protocole sanitaire : «nous allons formuler des propositions dans les heures qui viennent. On espère obtenir un accord et une reprise de l’activité dès lundi, voire plus tôt», a annoncé FranceActive. Mais le protocole ne pourra cependant être renforcé que jusqu’à un certain point, au risque sinon de faire fuir les clients. «Si on avait annoncé le port obligatoire du masque pendant l’activité sportive, on aurait pu rouvrir dans la minute. Mais nos clients ne l’auraient jamais accepté, ce qui est compréhensible. Quant à limiter encore plus le nombre de clients présents, autant rester fermés», confie un acteur.

En parallèle, les organisations demandent à l’exécutif de les accompagner, le temps de remonter la pente. Parmi les pistes avancées figure l’octroi du fonds de solidarité par établissement, et non par entité juridique, ou la poursuite des exonérations de charges après la réouverture. Les professionnels suggèrent aussi de donner un coup de fouet à la demande, en instaurant des «chèques fitness service», sur le modèle des aides pour les vélos, ou en faisant baisser temporairement la TVA pesant sur leur activité à 5,5% au lieu des 20% actuels. Une proposition qui a peu de chances d’aboutir.

Les entreprises ont également réclamé une campagne de communication officielle pour promouvoir la pratique du sport, «stigmatisée», selon Philippe Leroy, patron indépendant de The Loft, un espace à Rueil-Malmaison. Dans tous les cas, l’appui public devra s’inscrire dans la durée : «l’année 2021 est déjà pliée. Nous reviendrons peut-être à l’équilibre en 2022, et pourrons reprendre notre progression en 2023, au mieux», a estimé Basic Fit.

Le combat se poursuit aussi sur le plan juridique. Des référés-liberté ont de nouveau été déposés ce mercredi contre les cinq arrêtés préfectoraux en vigueur à Paris et dans la petite couronne. Au total, FranceActive avait déposé 16 référés à travers la France ces dernières semaines. La plupart ont échoué, mais certains, à Rennes ou Toulouse, ont conduit à la reprise immédiate de l’activité. À Paris, le tribunal administratif avait demandé à la préfecture de revoir sa copie, ce que le passage de la zone en alerte maximale a rendu caduc. Cette fois-ci, le syndicat professionnel compte bien l’emporter.



Source link

Autres articles

l’Europe promet un plan massif de reconstruction et de reconversion

administrateur

une nouvelle prime à la conversion dès ce lundi

administrateur

La quarantaine au Royaume-Uni attaquée en justice par des compagnies aériennes

administrateur

un restaurant parisien à l’honneur dans la série Netflix

administrateur

aide pour les jeunes, retour à l’école… Ce qu’il faut retenir des annonces de Philippe

administrateur

Amazon rouvre ses entrepôts en France jeudi en espérant profiter du regain d’attrait pour l’e-commerce

administrateur