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Economie

les salons et les foires s’inquiètent pour leur survie


«Un véritable séisme» et «une confiance entamée» auprès des visiteurs : la prolongation jusqu’à fin octobre de l’interdiction des rassemblements de plus de 5000 personnes inquiète la filière des salons et foires professionnels, mal en point en raison de la crise sanitaire.

Cette interdiction prolongée «a généré un véritable séisme au sein de la profession», s’est alarmé le syndicat français de l’événementiel Unimev dans une lettre adressée mercredi au ministre délégué au Commerce extérieur et à l’attractivité Franck Riester.

«En ne distinguant pas les différents types de rassemblements, il est fait un amalgame qui, de fait, impose les mêmes conditions aux événements professionnels, culturels, sportifs, économiques organisés par des professionnels et des rassemblements organisés sans aucune mesure d’hygiène et de sécurité», déplorait l’organisation.

L’annonce mardi de la prolongation jusqu’au 30 octobre de l’interdiction des rassemblements de plus de 5.000 personnes est d’autant plus difficile à encaisser que le secteur s’apprêtait à rouvrir ses portes aux professionnels le 1er septembre. Et que Franck Riester avait affirmé qu’un retour à l’activité dès la rentrée était possible après avoir reçu fin juillet les différents acteurs de la filière.

Ces «annonces successives d’ouverture et d’interdiction (…) sont tragiques pour toutes les entreprises de ce secteur d’activité car elles aggravent la confiance déjà très entamée des exposants et des visiteurs (…) et ne donnent aucune visibilité sur la reprise de l’activité dans les mois ou l’année prochaine», déplore l’Unimev.

«Plus rassurant qu’un barbecue entre amis»

«Je comprends la position du gouvernement qui veut endiguer une deuxième vague» d’épidémie de coronavirus, «mais je ne suis pas persuadé que le fait de laisser des salons professionnels se dérouler constitue un risque important de la diffusion de la maladie», indique à l’AFP Sylvain Bechet, un dirigeant de l’organisateur de salons et spécialiste des grands évènements GL Events.

Un peu «surpris» par les nouvelles consignes du gouvernement, il va maintenir ses salons, «avec une limite de 5.000 personnes par jour et par hall», dans le respect des mesures sanitaires requises, explique-t-il.

«Il est sûrement plus rassurant de venir à un salon professionnel que de faire un barbecue entre amis sans aucune protection!», estime aussi auprès de l’AFP Fabrice Berthon, commissaire général du Sommet de l’élevage, un des plus grands salons européens dans le domaine.

Le rassemblement, qui a accueilli l’année passée près de 100.000 visiteurs et doit se tenir du 7 au 9 octobre près de Clermont-Ferrand, a été autorisé par la préfecture, mais le maintien de la jauge de 5.000 personnes n’est pas un problème, selon Fabrice Berthon.

«Notre événement se déroule sur un espace qui fait 170.000 mètres carrés», répartis sur plusieurs sites comme un parc d’exposition ou encore une salle de Zénith, détaille-t-il. Donc «35.000 personnes qu’on reçoit par jour, avec une distanciation d’un mètre minimum par personne, ce n’est pas un souci».

Une dérogation pour le secteur ?

En annonçant la prolongation de la limite de 5.000 personnes mardi, le Premier ministre Jean Castex avait précisé que des dérogations au cas par cas pourraient être décidées par les préfets.

Craignant pour la survie des entreprises du secteur, l’Unimev demande qu’elles bénéficient d’une exemption générale pour les événements qu’elles organisent. Si la date du 30 octobre est maintenue, «la quasi-totalité des entreprises du secteur, quelle que soit leur taille, ne survivront pas à cette crise sanitaire et la France perdrait sa position de leader de l’événementiel sur la scène internationale», fait-il valoir.

À l’échelle nationale, le secteur de l’événementiel stricto sensu, qui rassemble les organisateurs de quelque 1.200 salons et foires, génère 4,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel et représente quelque 14.700 emplois, selon l’Insee.

La filière fait aussi travailler des agences d’événementiel, d’hôtesses, de maîtres d’hôtel, de sécurité, d’audiovisuel, des entreprises de nettoyage, des traiteurs, des décorateurs… Au total foires et salons génèrent annuellement dans l’hexagone 34,5 milliards d’euros de retombées économiques directes et indirectes, selon des données du gouvernement.



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