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Finance

Les sociétés constatent un durcissement des relations avec leur banque



Publié le 23 sept. 2020 à 18:21

Six mois après le lancement massif des prêts garantis par l’Etat (PGE), l’heure des comptes semble approcher entre les banques et les entreprises. Selon une étude de Redbridge, le cabinet de conseil en financement, les entreprises du SBF 120 notent un durcissement des relations avec leurs prêteurs. Et c’est d’autant plus vrai pour celles qui ont eu recours à un PGE.

Parmi les 14 entreprises qui figurent dans cette situation, 43 % sont actuellement confrontées à un retrait des établissements bancaires. Au pic de la crise, elles n’étaient que 7 %. « La mise en place d’un PGE laisse toujours des traces », note Didier Philouze, responsable du conseil en financement de Redbridge, qui constate aussi un durcissement parmi les autres entreprises.

Avec la crise, la situation financière des sociétés s’est dégradée. Les multiples d’endettement des groupes du SBF 120 sont passés en moyenne de 2 fois leur résultat brut d’exploitation (Ebitda) à 2,8 fois sur le premier semestre. En moyenne, ils ont enregistré un recul de leur Ebitda de 15 %, et dans le même temps, leur dette brute a augmenté de 94 milliards d’euros (+12,7 %) pour atteindre 829 milliards.

Leur profil de crédit s’est ainsi déjà dégradé de trois crans en six mois – de la catégorie A à la catégorie BBB. Pas de quoi rassurer les banques. Et ce n’est là que le reflet d’une crise de trois mois.

Arbitrages compliqués

Sur les entreprises qui ont eu recours au PGE, 43 % disent vouloir se défaire rapidement de ces prêts à prix coûtant. « Certains peuvent considérer qu’ils sont allés trop loin, en demandant ce type de prêts par précaution, et peuvent vouloir les refinancer par des alternatives », poursuit Muriel Nahmias, directrice chez Redbridge.

C’est cependant un arbitrage compliqué car les conditions de crédit se sont dégradées. « Les opérations de soutien en trésorerie entre mars et cet été se sont déroulées sans trop de tension de la part des banques, note le cabinet. Mais, « la rentrée est marquée par une nette révision des marges pouvant atteindre 50 points de base, notamment pour les sociétés les plus endettées ».

Ce renchérissement s’explique par la hausse du coût de la liquidité des banques et par la forte hausse du coût du risque. « Pendant les crises, les banques ont toujours la tentation légitime de réévaluer leur coût du crédit avec la dégradation des risques », note David Laugier, directeur général de Redbridge. Or les taux de défaut devraient doubler en Europe, note le cabinet.

Quant aux sociétés qui voudraient prolonger l’amortissement de leur PGE au-delà d’un an – elles sont 30 % dans ce cas – il leur reste à négocier avec les banques. Après des discussions tendues avec Bercy, ces dernières ont accepté une fourchette de taux comprise entre 1 et 2,5 % par an pour les seules TPE et PME. Mais rien n’est prévu à ce stade pour les grandes entreprises.



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