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Economie

Les soignants à nouveau dans la rue


Trois mois après le début de la crise sanitaire, une partie des soignants est de retour dans la rue ce mardi pour réclamer plus de moyens pour l’hôpital. Et ce alors que des discussions sont engagées dans le cadre du «Ségur de la santé», lancé le 25 mai par le gouvernement et piloté par Nicole Notat, justement pour faire le point sur les besoins à combler dans le secteur.

Cette «journée d’action nationale» est organisée à l’appel d’une vaste coalition formée par les syndicats de la fonction publique hospitalière (CGT, FO, SUD, Unsa…) et plusieurs collectifs hospitaliers (Inter-Hôpitaux et Inter-Urgences) devenus le fer de lance d’une mobilisation des hôpitaux publics commencée il y a plus d’un an. On y retrouve au coude à coude des infirmières, des étudiants, des médecins, des professeurs comme le diabétologue André Grimaldi, figure de la lutte pour les hôpitaux publics. Les soignants, auquel le gouvernement a prévu de rendre hommage le 14 Juillet, réclament notamment une «revalorisation générale des salaires» de 300 euros net mensuels pour tous les agents hospitaliers, un «plan de recrutement» et «l’arrêt de toutes les fermetures d’établissements, de services et de lits».

Alors que les soignants du privé étaient avant la crise restés à l’écart de la mobilisation, ils pourraient cette fois-ci s’y joindre.

Fait nouveau: alors que les soignants du privé étaient avant la crise restés à l’écart de la mobilisation, ils pourraient cette fois-ci s’y joindre. «Nos personnels n’ont pas fait grève précédemment mais nous avons des préavis déposés, par exemple à l’hôpital Foch, l’un de nos fleurons, explique Antoine Perrin, directeur général de la Fehap, qui regroupe les établissements du secteur privé non lucratif. Il s’agit de réanimateurs, anesthésistes, urgentistes… bref, des personnels qui en ont bavé durant la crise du Covid et qui seraient ulcérés qu’il y ait des revalorisations salariales pour le public et pas pour eux.» De fait, pour le moment, les négociations dans le cadre du «Ségur» sur les revalorisations de salaire ne concernent que le secteur public, pas le privé.

De Caen à Bordeaux en passant par Dunkerque, Toulon, Nancy et Perpignan, plusieurs dizaines de rassemblements sont prévus, principalement devant des établissements de santé ou des préfectures. À Paris, une manifestation est prévue en début d’après-midi devant le ministère de la Santé, à l’appel de la CGT.

Même s’il y a quelques attroupements en province, le mouvement reste très parisien et très centré sur l’AP-HP et ses difficultés propres.

Un directeur d’hôpital en province

«Même s’il y a quelques attroupements en province, le mouvement reste très parisien et très centré sur l’AP-HP et ses difficultés propres, nuance toutefois un directeur d’hôpital en province. Alors qu’en région une infirmière vit convenablement, à Paris elle a du mal à se loger. Ce n’est pas en leur donnant 300 euros de plus que ça va changer. En revanche, l’AP-HP, qui a une emprise foncière importante, des terrains, pourrait nouer des partenariats avec des offices HLM et construire des logements pour attirer le personnel. Mais ce n’est pas fait, car l’AP-HP est toujours gérée comme une administration et non comme une entreprise, ce qu’elle est pourtant mais que certains refusent par idéologie.»

Tonneau des Danaïdes

Les manifestants militent aussi pour mettre fin à la tarification à l’activité (T2A) dans les hôpitaux publics, devenue leur bête noire car accusée de pousser à l’inflation des actes au détriment de la qualité. Pourtant, le retour au budget global d’autrefois, reconduit chaque année sans s’adapter aux variations d’activité, n’est pas une solution: ce mode de tarification créait une situation de rente pour les hôpitaux ayant une faible activité et ne permettait pas à ceux dont l’activité progressait de se développer.

«Certains grands professeurs parisiens ont la nostalgie des années 1970 et du budget global où ils avaient carte blanche pour soigner sans regarder à la dépense, conclut un spécialiste du système de santé. Mais ce n’est plus possible. L’hôpital est devenu le tonneau des Danaïdes, on ne peut déverser toujours plus d’argent sans contreparties, sans réformer le système.» Un sujet au cœur du «Ségur»!



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