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Economie

Les taxis français manifestent à la frontière avec la Suisse


Quelques dizaines de taxis ont protesté aux postes frontières près de Genève contre des règles limitant leurs allées et venues en Suisse.

Des dizaines de taxis français manifestent depuis lundi matin à plusieurs postes frontières près de Genève pour dénoncer l’application d’une règle limitant leurs déplacements en Suisse.

Depuis 6h30, taxis, VTC et autres transporteurs freinent le passage des voitures allant en Suisse sur les postes frontières de Bardonnex, Vallard et Ferney-Voltaire, a précisé à l’AFP Eric Poligot, de la Fédération des taxis indépendants de Haute-Savoie (FTI 74), confirmant une information du quotidien Le Dauphiné Libéré.

Ils protestent contre les contrôles de leurs autorisations à travailler en territoire helvète, menés depuis environ un an par les autorités suisses en vertu d’une règle ancienne, rarement vérifiée jusque-là, explique le syndicat. Selon lui, une directive européenne de 2005, relative à la reconnaissance des qualifications professionnelles, autorise en effet les taxis à travailler un maximum de 90 jours par an en Suisse, avec obligation de déclarer ces journées au moins huit jours à l’avance.

«On n’est pas des charters»

Les autorités genevoises étaient peu regardantes avant 2020, assure Eric Poligot. Mais ces derniers mois, plusieurs de ses collègues qui ne s’étaient pas déclarés auprès du canton ont été stoppés à la frontière et contraints d’appeler un taxi helvète pour poursuivre le trajet de leurs clients, le plus souvent jusqu’à l’aéroport de Genève, raconte-t-il.

«C’est intolérable de dire à un client ‘écoutez, on change de véhicule’. On n’est pas des charters, on est des taxis, on fait du porte à porte», poursuit Eric Poligot, assurant que lui et ses collègues n’effectuent que des trajets transfrontaliers avec le bassin genevois, sans faire de «cabotage» en Suisse.

«Enjeu économique pour l’aéroport de Genève»

En discussions avec la préfecture de Haute-Savoie depuis six mois pour essayer de trouver un arrangement écrit, le syndicat suggère par exemple l’utilisation de macarons ou de la technologie pour fluidifier les contrôles à la frontière. «Si demain les gens ne peuvent plus venir, ils vont atterrir à Lyon: il y a un enjeu économique pour l’aéroport de Genève et le canton», estime ce chauffeur de taxi. La manifestation filtrante devait se poursuivre toute la journée, le syndicat devant rencontrer les services de l’État en France dans l’après-midi.

De leur côté, le canton de Genève «s’étonne de cette action (…) sachant que nous n’avons en aucun cas changé de pratique», écrit Mauro Poggia, élu et chef du Département cantonal de la sécurité, de l’emploi et de la santé, dans une déclaration transmise à l’AFP. Il précise que le délai de huit jours, «évidemment pas possible», peut être contourné légalement par des déclarations réalisées «en urgence».

«Je regrette que la manifestation ait été tolérée»

M. Poggia ajoute qu’il s’agit de droit fédéral avec lequel «le canton de Genève n’a pas de marge de manœuvre», et assure que «l’accord tacite qui aurait été trouvé par le passé (lui est) inconnu».

«Je regrette que la manifestation de ce matin, qui a créé des embouteillages aux douanes, ait été tolérée par les autorités françaises», poursuit-il, assurant qu’une manifestation similaire côté Suisse ne l’aurait pas été. «Si cette question doit être revue, elle doit l’être sur le plan fédéral, dans le cadre des discussions régulières qui ont lieu avec les autorités françaises», conclut l’élu genevois.



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