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Economie

les thermomètres sont devenus une denrée rare en France


«On n’a plus rien». À chaque pharmacie, la même réponse : Il n’y a plus de thermomètres. Que ce soit l’historique dit «à gallium», le classique «électronique» ou le plus recherché, celui «sans contact», l’outil de prise de température demeure introuvable dans la plupart des officines de l’hexagone.

Dès les premiers cas de coronavirus, les Français ont couru se procurer un thermomètre, essentiel pour repérer la fièvre, l’un des principaux symptômes du coronavirus. Depuis la pénurie s’est installée et l’approvisionnement se fait attendre. «Nos fournisseurs nous disent qu’ils ne peuvent pas s’approvisionner et annulent nos commandes», déplore Philippe Besset, président de la Fédération des Syndicats Pharmaceutiques de France (PSPF). «Tous sont unanimes, il n’y a pas de thermomètres pour l’instant».

Un approvisionnement d’autant plus difficile en cette période, que l’essentiel de la production se trouve en Chine qui peine à alimenter la demande mondiale. Mais plus encore que l’insuffisance de la production, c’est la flambée des prix qui empêche les pharmacies de refaire leur stock. Pour Alain Hababou, président du réseau Aprium Pharmacie, on observe le même phénomène que pour les masques : «Il a plus de demande que de production et quand des thermomètres sont disponibles à la vente, les prix explosent», déplore-t-il. Depuis deux mois, son réseau peine à fournir les quelque 350 pharmacies qu’il rassemble.«Les thermomètres sans contacts, pratiquement introuvables actuellement, sont quasiment trois fois plus chers qu’avant».

«Une tendance de fond»

Fabrice Guigonnat, directeur commercial du réseau Altapharm dresse le même constat. «La dernière commande qu’on nous a livrée c’était début mars. Depuis, on reçoit des propositions de toute sorte mais à des prix exorbitants. La dernière en date se situait autour de 45 euros hors taxe pour un thermomètre frontal, à distance». En temps normal, ce type de thermomètre est acheté par les réseaux de pharmacies à 9 euros l’unité.«Ça peut monter à 14 euros mais rarement au-dessus de 15 euros. Le pharmacien le revend ensuite à environ 25 euros même si bien sûr le prix dépend de la qualité du thermomètre», explique-t-il. Impossible donc pour ces fournisseurs de se procurer des modèles à 45 euros qui se revendraient jusqu’à 75 euros en officine. Car en plus de leur marge, elles doivent ajouter au prix d’achat la TVA qui a été maintenue à 20% pour ces produits, contrairement aux masques et au gel hydroalcoolique pour lesquels elle est désormais à 5,5%.

«Le prix est trop élevé et on a peur de ne pas pouvoir les revendre aux pharmacies car quelle que soit la patientèle, je ne l’imagine pas mettre 75 euros dans un thermomètre», indique Fabrice Guigonnat, assurant que s’il le voulait, il pourrait recevoir ces modèles dès la semaine prochaine. Le directeur commercial craint surtout de voir cette hausse des prix devenir une généralité. «On achète une fois par mois et pour le mois juin, il n’y a aucun changement dans les prix. On se demande si ça ne devient pas une tendance de fond de payer un thermomètre à ce prix-là», s’inquiète-t-il.

«Rendre à la France et l’Europe leur indépendance technique et industrielle»

«Malheureusement, il ne faut pas que les clients soient étonnés de cette flambée des prix», abonde le docteur Stéphane Pichon, président de l’Ordre National des pharmaciens pour la région Provence-Alpes-Côte d’Azur-Corse. Selon lui, c’est la hausse des composants électroniques présents dans les thermomètres sans contact qui est en partie responsable de ce phénomène. Mais même les thermomètres les plus basiques, rectaux ou auriculaires, sont victimes d’une augmentation des prix passant parfois de 1 à 9 euros.

«On dit que cette crise va faire prendre conscience de modes de consommation différents mais avant de réfléchir au mode de consommation il faut se pencher sur les modes de fabrication. Est-ce qu’il ne faut pas rendre à la France et à l’Europe leur indépendance technique et industrielle en passant par un rapatriement de tout notre savoir-faire ?», s’interroge-t-il. La crise des masques a en effet révélé les lacunes dans la production du matériel médical que la France importe massivement de Chine. Le 6 avril, Bruno Le Maire avait assuré que l’objectif était «de devenir autonome en production de masque». «La seule chose qui compte, c’est d’avoir le nombre de masques suffisants. L’objectif, c’est l’indépendance dans ce domaine», avait insisté le ministre de l’Économie et des Finances. Un projet que le secteur aimerait également voir appliqué aux thermomètres.



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