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Finance

Les traders de la City plaident pour les 35 heures



Entre Tokyo et New York, la City londonienne, au firmament de la mondialisation financière , veut rationaliser et économiser un temps précieux. Le London Stock Exchange (LSE), ouvert de 8 heures à 16 heures 30, envisage une réduction d’une heure à une heure trente de sa séance.

L’Association pour les marchés financiers en Europe (AFME), qui regroupe les banques européennes et l’Investment Association (IA), porte-parole des gérants anglais, estiment que la Bourse de Londres devrait réduire de 90 minutes la durée de ses échanges. Elle ne serait plus que de sept heures par jour, soit 35 heures par semaine.

Séance écourtée

Dans la synthèse des réponses à sa consultation sur l’évolution des structures de marché et horaires, le LSE note qu’une majorité de banques et gérants « ne croient pas qu’une augmentation des horaires serait un bienfait pour la liquidité. Cette opinion est moins consensuelle dans les firmes de trading, courtiers et investisseurs particuliers ». Les professionnels de tous horizons prédisent qu’une réduction de la séance « augmenterait la vitesse du trading et la liquidité » mais pas les volumes. Les firmes de trading haute fréquence (THF), les traders les plus rapides qui fonctionnent à l’aide d’algorithmes, se disputent un marché britannique très compétitif où le millionième de seconde fait toute la différence entre un profit ou une perte.

Axe Londres-New York

Les traders et investisseurs comme le fonds souverain norvégien, qui détenait 71,3 milliards de dollars d’actions anglaises fin 2019, estiment qu’une séance de sept heures (ouverture à 9h et clôture à 16h), serait une bonne idée. Les opérateurs veulent surtout « rogner » du temps le matin mais pas l’après-midi quand Wall Street ouvre ses portes. C’est à cette période quand les deux plus grands marchés de la planète, Londres et New York, fonctionnent que la liquidité, les volumes et les opportunités sont les meilleurs.

Déjeuner et liquidité

Quelques rares réponses à la consultation du LSE invitent à une pause déjeuner à Londres comme sur les Bourses de Tokyo, Hong Kong et Shanghai où les cotations s’arrêtent entre une heure et une heure trente en milieu de journée. Les marchés boursiers européens ont les séances les plus longues, d’une durée de huit heures et demie, contre six heures en Asie et six heures et demie aux Etats-Unis. Pourtant, les volumes et la liquidité sont bien inférieurs sur le Vieux Continent à ce qu’ils sont outre Atlantique. Les coûts de transactions sont aussi plus élevés en Europe. L’AFME et l’IA plaident pour une séance de sept heures sur les places européennes, qui réfléchissent elles aussi à une modification de leurs horaires. Une harmonisation à l’échelon européen serait bénéfique aux marchés, aux émetteurs et investisseurs.

Temps de travail maintenu

Il n’est pas du tout sûr qu’une réduction de la séance boursière raccourcisse pour autant la journée de travail des traders et hedge funds. Ils auront simplement plus de temps à consacrer à d’autres tâches : amélioration de leur système de trading et stratégies, rencontres avec les clients… Dans le monde très compétitif des marchés financiers, chaque minute est précieuse. Inquiète de la perte d’activité liée au Brexit, la place financière londonienne n’est pas prête à diminuer la pression sur ses traders et à les « relâcher dans la nature ». Après la clôture du LSE, ils peuvent négocier des actions sur d’autres plateformes électroniques, comme les « bourses de l’ombre ».

Le temps s’est arrêté à Wall Street

Les horaires de Wall Street et des autres grands marchés boursiers américains n’ont pas varié depuis près de 35 ans. Ils mirent fin en 1985 à une longue période d’extension des horaires pour capter toujours plus de volumes et répondre aux attentes du monde financier. Jusqu’en 1952, le New York Stock Exchange (NYSE) était même ouvert le samedi en matinée. Si Wall Street n’ouvre qu’à 9 h 30, les traders sont sur le pont bien plus tôt, au moins deux heures avant que la cloche du début de séance ne retentisse.



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