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Economie

les trois quarts des Français estiment que leur pouvoir d’achat ne s’améliorera pas cette année


«Je pense que nous allons être confrontés à deux France. Une France qui a pu, pendant ces deux mois de confinement, économiser une partie de son revenu. Et une autre qui est d’ores et déjà en difficulté et pour qui cela va être beaucoup plus compliqué». Début mai, Dominique Schelcher, PDG de Système U, faisait part de ses inquiétudes concernant le pouvoir d’achat des Français au sortir du confinement et ses conséquences: une fracture économique au sein de la société.

La 9ème édition du baromètre annuel Cofidis/CSA* intitulé «Les Français et leur pouvoir d’achat», dont Le Figaro a eu la primeur, semble confirmer cette existence de «deux France» au sortir du confinement. La première est celle des Français les plus aisés, relativement épargnés par la crise. Parmi ceux qui touchent plus de 3000 euros par mois, 75% déclarent que la crise sanitaire n’a pas «atteint leur situation financière personnelle». 62% des cadres et des professions libérales ont pu poursuivre leur activité à temps plein au cours de cette période, une opportunité qui leur a permis d’épargner.

La situation est toute autre pour les catégories socioprofessionnelles plus modestes. Beaucoup d’entre eux (26% des ouvriers, 24% des CSP- et 22% des employés) disent avoir été placés au chômage partiel, l’indemnisation étant versée à hauteur de 84% du salaire net du salarié. À des difficultés préexistantes s’est donc ajoutée une diminution des revenus qui leur a laissé très peu de marge pour économiser.

74% des commerçants, des artisans et des chefs d’entreprise estiment en outre que leur situation financière personnelle est déjà affectée par la crise sanitaire. Beaucoup, notamment dans le secteur de l’hôtellerie et de la restauration, ont tout bonnement dû cesser leur activité en raison des mesures de confinement. Au total, «Quatre Français sur dix voient déjà leur pouvoir d’ achat attaqué par la crise», explique Mathieu Escarpit, directeur marketing de Cofidis.

Peu confiants en l’avenir

Ceux pour qui le confinement a été synonyme de difficultés financières ne s’estiment pas au bout de leurs peines. 70% des CSP- pensent que leur situation financière personnelle «va être davantage touchée dans les prochains mois». Cette peur concerne 62% de l’ensemble du panel.

En conséquence, la consommation des Français en cette période de déconfinement est marquée par «une certaine fébrilité et un attentisme». Cela les dissuade de mener à bien des projets qui nécessitent des dépenses importantes. Et ce, même parmi les CSP+ qui s’estiment épargnés par la crise (68% veulent mener des projets à bien cette année, contre 74% l’année dernière).

Les Français révisent également le mode de financement de ces projets. 64% envisagent de puiser dans leur épargne personnelle, soit 9 points de plus que l’année précédente). Le crédit à la consommation, qui demande un engagement à plus long terme, a moins la côte: 27% des Français y songent, contre 37% en 2019.

Les incertitudes des mois à venir sont d’autant plus difficiles à vivre que les Français vivaient, dans les mois qui ont précédé la crise sanitaire, une certaine stabilité de leur pouvoir d’achat. 45% d’entre eux estimaient qu’il s’était stabilisé.

Le coronavirus a porté un coup d’arrêt à cette tendance et a transformé cette éclaircie relative en franc pessimisme. La santé arrive en tête des préoccupations des Français (elle est une priorité pour 57% d’entre eux) tandis que l’environnement décroche (21%) et que la thématique de l’emploi progresse fortement: elle est une préoccupation majeure pour 21% des Français, soit six points de plus que l’année dernière.

Le contexte est en effet anxiogène. «Les Français ont eu connaissance des licenciements chez Renault, des intentions de baisse des salaires chez Ryanair… La moitié d’entre eux s’inquiète maintenant pour son avenir professionnel, et 74% n’ont pas confiance dans une reprise économique rapide. Ils estiment que la vague est devant nous», conclut Mathieu Escarpit.

*Enquête réalisée par CSA Research pour Cofidis, par questionnaire auto-administré du 27 avril au 5 mai 2020 auprès d’un échantillon de 2011 Français représentatifs de la population française âgés de 18 ans et plus.



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