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Economie

Les trottinettes électriques aggravent le bilan carbone de Paris


Contre toute attente, les trottinettes électriques en libre-service dégradent le bilan carbone de Paris. C’est ce que révèle une étude récente publiée dans le Journal of Cleaner Production , une revue académique internationale spécialisée dans l’écologie industrielle. Bilan : les petits véhicules électriques en circulation dans la capitale française ont émis à eux seuls 13.000 tonnes de CO2 en un an. Ce qui équivaut aux émissions annuelles de 16.000 Français, précisent les auteurs

Pour réaliser cette étude, les coauteures Anne de Bortoli et Zoi Christoforou se sont basées sur l’usage de la trottinette d’un échantillon de 500 personnes à Paris, pendant l’été 2019. «Nous avons extrapolé nos résultats à 1 million d’usagers à Paris, avant de calculer ce que cela représenterait pour une année», explique Anne de Bortoli au Figaro.

Le principal vice du véhicule électrique à deux roues se trouve dans ses composants. «Le bilan carbone de leur cadre en aluminium et de leur batterie en lithium-ion est très lourd», explique la scientifique. Il leur faut une durée de vie suffisamment importante pour compenser leur empreinte carbone de départ. Or pour réaliser leur étude, les deux chercheuses se sont basées sur une durée de vie «d’un an pour 3750 km», soit une estimation très large. Une autre étude américaine ne leur donne pas plus de 28 jours à vivre.

La gestion de la flotte est également problématique. Les trottinettes doivent en effet être entretenues et rechargées. « Des vans roulant au diesel viennent souvent de proche banlieue pour le faire», ajoute-t-elle.

La trottinette remplace des modes de transport peu émissifs

L’autre défaut de ces engins électrique est leur usage. L’étude révèle en effet que, dans deux tiers des cas, ils remplacent le métro et le RER et, dans un quart des cas, se substituent à la marche à pied et au vélo. «Il est très rare qu’elles remplacent la voiture. Or une trottinette émet 109g de CO2 au km, la voiture 200g (pour un passager), quand le métro et le RER en émettent entre 8 et 10g, et le vélo, 15g», détaille Anne de Bortoli. «C’est aussi lié aux transports en commun qui sont très peu carbonés à Paris. Dans d’autres pays comme les États-Unis, les résultats de la trottinette sont meilleurs», concède la chercheuse.

Faut-il donc en finir avec les trottinettes en « free floating » ? «Non», répond la scientifique. Ces nouveaux modes de transport ont quand même quelques vertus : «certains parisiens ne prennent pas les transports en commun parce qu’ils habitent trop loin de la station. Dans ce cas de figure, les trottinettes peuvent résoudre le problème du dernier kilomètre et donc inciter les parisiens à prendre le métro plutôt que la voiture», illustre-t-elle.

Des solutions sont possibles en «jouant sur la durabilité et sur la gestion de flotte», poursuit Anne de Bortoli. «On pourrait également envisager des stations pour les garer, afin de limiter les déplacements pour les entretenir et les charger», suggère-t-elle.

Les trottinettes électriques en libre-service ont investi les rues Paris en juin 2018, avec l’arrivée de la start-up américaine Lime, suivie par ses concurrentes Bird, Bolt, Wind… La densité de la capitale – l’une des plus forte d’Europe – et ses transports en commun souvent saturés ont fait de la ville lumière une terre d’accueil idéale pour les trottinettes en « free floating ».



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