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Economie

Les vacances de février démarrent doucement dans les transports


«On a beaucoup moins de mouvements de population, donc on peut aussi s’attendre à moins de brassage», a résumé le ministre délégué aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari.

Départ en douceur pour les vacances de février. Interrogé sur LCI, le ministre délégué aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari, a expliqué que ces congés «commencent de façon assez calme», au vu des premières remontées du terrain. Le nombre de passagers dans les transports est inférieur à la normale : «on a fait à peu près 85% d’un été normal, 70% d’un Noël normal, et on sait très bien qu’on fait encore 30% de moins, pour les vacances de février, quand on compare ça au Noël qu’on a vécu». Une situation qui traduit «le fait que les Français vont plutôt en famille, pas très loin» et qu’ils prennent «totalement leur part dans la lutte contre le virus», selon le ministre.

«On a beaucoup moins de mouvements de population, donc on peut aussi s’attendre à moins de brassage», a résumé le ministre. À titre d’illustration, trois trains sur quatre circulent, avec un taux de remplissage moyen de 60% seulement. Pour l’heure, l’exécutif espère pouvoir tenir sur une «ligne de crête» entre restrictions sanitaires et maintien de l’activité. «Il n’a jamais été dit qu’un confinement ne serait pas mis en œuvre», a précisé Jean-Baptiste Djebbari, ajoutant que, dans ce cas, «les personnes qui se trouvaient à ce moment-là en vacances pourraient évidemment revenir» chez elles, malgré les restrictions de déplacement.

Les contrôles aux frontières se sont multipliés depuis une semaine : «nous avons beaucoup diminué le nombre de passagers» et plus de 153.000 contrôles ont été menés depuis dimanche dernier. Déjà divisé par cinq avant les mesures de contrôle, le trafic a été de nouveau «divisé par deux» depuis la semaine dernière, a ajouté le ministre. Le trafic Outre-mer a aussi baissé de 70% : «ces mesures sont efficaces» pour limiter les mouvements de population, s’est félicité le représentant du gouvernement. 700 personnes ont été refusées à l’embarquement dans les aéroports pour «défaut de motif impérieux», et «les choses se passent bien». Dans les transports terrestres comme les routes et les gares, 600 personnes ont été refoulées à la frontière «pour défaut de test PCR».

L’exécutif garde un oeil sur les contrôles des compagnies aériennes

L’exécutif garde «dans sa besace» la possibilité d’établir des restrictions de déplacement ciblées, en fonction de l’évolution de l’épidémie. Mais elles ne seraient, pour l’heure, pas justifiées. «Nous avons cet outil à disposition», a confirmé le ministre. Il n’est toutefois pas favorable à l’idée de l’Académie de médecine de forcer les usagers à se taire dans les transports pour limiter la propagation du virus : «les Français parlent déjà peu dans les transports, ils n’ont pas besoin de responsables politiques qui leur disent comment se comporter», a-t-il considéré, saluant le bon respect des règles sanitaires par nos concitoyens.

Le gouvernement surveille de près les contrôles menés par les compagnies aériennes pour vérifier les tests RT-PCR de leurs passagers. Le ministère des Transports a ainsi suspendu pendant trois jours Ethiopian Airlines, et il «n’hésitera absolument pas à suspendre» à nouveau toute compagnie ne vérifiant pas assez ces documents. «Les informations que j’ai me font penser que cela se passe beaucoup mieux», mais cinq compagnies, «dont une Française», restent «particulièrement sous surveillance».

Vers une évolution du modèle économique des transports publics ?

La crise doit «nous permettre de tirer des conséquences qui soient des plans de conquête», a plaidé le ministre : l’exemple de Sanofi est venu souligner «qu’on a beaucoup désindustrialisé le pays […] c’est le moment de repenser ces stratégies industrielles. Les crises servent aussi à faire une introspection», a-t-il noté. La distribution de dividendes par le groupe tricolore «interroge», a-t-il jugé, alors que les «performances» de Sanofi sont remises en cause.

De même, l’avenir des transports pose question. L’État «sera aux côtés de la SNCF», en espérant que sa situation s’améliorera à mesure que l’épidémie reculera. Un sujet plus complexe concerne les transports publics, où un «décrochage de la fréquentation» est observé : le télétravail et la «démétropolisation» entraînent une baisse du nombre de passagers, qui met en péril le modèle économique de ce secteur. Une mission a donc été lancée pour «regarder les impacts durables […] et regarder s’il faut construire un nouveau modèle économique». Ses résultats sont attendus d’ici juin.

Le secteur aérien risque aussi de sortir transformé de cette crise. «En Europe, on a laissé prospérer un dumping social et fiscal des compagnies low-cost», a regretté le ministre, appelant à «réguler socialement, ce que l’Europe n’a pas réussi à faire pendant des années».



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