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Finance

L’euro dans le piège de la déflation



Publié le 2 sept. 2020 à 12:32

L’euro fort a dépassé le seuil symbolique de 1,20 dollar mardi, touchant les 1,2011 dollar pour revenir mercredi à 1,1860 dollar. Depuis le début de l’année, il gagne 5,6 % face au billet vert, et 4,3 % globalement, par rapport aux devises de ses principaux partenaires commerciaux.

Cette bonne tenue est un avertissement pour la Banque centrale européenne (BCE) qui se réunit la semaine prochaine. « Les marchés jugent que la BCE ne prend pas au sérieux le risque de déflation et que sa politique de soutien depuis la crise est insuffisante », estime Robin Brooks chef économiste de l’Institute of International Finance. En août, les prix à la consommation ont reculé pour la première fois depuis 2016 (- 0,2 % sur 1 an). Les marchés anticipent une inflation de 1,2 % à long terme dans la zone euro, bien en dessous de l’objectif de 2 % de la BCE.

Euro à 1,25 dollar

En 2008, la Banque du Japon avait sous estimé le risque de déflation ce qui provoqua une nette progression du yen. La devise nippone ne baissa qu’à partir de 2013. Dans la crise du coronavirus, la zone euro fait face à un scénario « à la japonaise » et l’euro pourrait continuer à progresser jusque vers 1,25 dollar d’après Robin Brooks, si la BCE ne prend pas de nouvelles mesures drastiques pour faire remonter l’inflation . Selon Goldman Sachs, une hausse de 10 % de l’euro fait chuter de 1 % le produit intérieur brut et l’inflation dans les deux ans. La banque américaine prévoit un niveau de 1,25 dollar dans les 12 mois.

Premières réactions verbales

La hausse de l’euro a suscité des premières déclarations prudentes des membres de la BCE, conformément à sa retenue historique quand elle s’exprime sur sa monnaie. Philip Lane, le chef économiste de la BCE a rappelé que la « BCE ne cible pas un niveau du taux de change, mais l’euro-dollar a son importance ». Isabel Schnabel, membre du conseil exécutif de la BCE, voit quant à elle dans la vigueur de l’euro « un signe de confiance ». Le taux de change global de la monnaie unique par rapport aux devises de ses partenaires commerciaux s’établit juste 1 % en dessous de son record absolu atteint en octobre 2009.

La Fed donne l’exemple

Sur Twitter, Frederik Ducrozet, économiste et stratège chez Pictet Wealth Management estime que pour faire remonter l’inflation dans la zone euro vers son niveau tendanciel de 2 %, la BCE devrait tolérer un dérapage des prix significatif de 3,3 % à 6 % pendant plusieurs années. De quoi donner des sueurs froides aux « faucons » de la banque centrale, partisans de la tolérance zéro sur l’inflation , et attiser les divergences au sein de l’institut d’émission. La Réserve fédérale américaine a décidé la semaine dernière de tolérer des poussées ponctuelles de l’inflation au-delà de son objectif de 2 % . Il n’est pas sûr qu’elle soit imitée dans l’immédiat de ce côté de l’Atlantique.



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