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Finance

L’euro en légère hausse après les mesures de soutien supplémentaires de la BCE



Publié le 10 déc. 2020 à 14:07Mis à jour le 10 déc. 2020 à 14:10

La Banque centrale européenne (BCE) veut redonner de l’air à la zone euro avec de nouvelles mesures de soutien. Elle a maintenu ses taux inchangés et va offrir des liquidités aux banques. Son programme « urgence pandémie » de rachats d’actifs augmente de 500 milliards d’euros à 1.850 milliards. L’euro a augmenté légèrement de 0,2 % à 1,2110 dollar. En mars, il avait perdu 1 % à 1,08 dollar après l’annonce du plan de rachat d’actifs de 750 milliards d’euros de la BCE. Dans son communiqué, elle se contente de déclarer qu’elle « va continuer de surveiller l’évolution du taux de change ».

Autour de 5.560 points (+ 0,3 %) avant ces annonces, l’indice CAC 40 est demeuré stable. Les marchés vont attendre les déclarations (rachats d’actifs, niveau de l’euro…) de Christine Lagarde lors de sa conférence de presse, la dernière d’une année mouvementée pour la présidente de la BCE.

Taux inchangés

La BCE a opté pour le statu quo sur les taux. Une nouvelle baisse aurait eu de toute façon peu d’impact sur l’euro. « Une fois que les taux d’intérêt sont en territoire négatif et que l’effet de surprise est dissipé, la poursuite de leur baisse a généralement peu d’impact sur la monnaie. Après l’introduction de cette mesure dans leurs pays, le Japon, la Suisse et la Suède virent même leur monnaie progresser dans les trois mois qui suivent. Aujourd’hui, le franc suisse n’est guère affecté par des taux courts de – 0,75 % », constate Dominic Bunning, responsable de la recherche européenne sur les changes chez HSBC. En juin 2014, la BCE fut la première grande banque centrale à faire passer son taux en territoire négatif à -0,1 %. Grâce à cette initiative, l’euro entama par la suite une phase de déclin de 1,35 à 1,05 dollar en 9 mois favorisée par de nouvelles mesures d’assouplissements de la BCE. Sur les 5 baisses de taux en territoire négatif, seules les deux premières effectuées en 2014 ont pu faire reculer la monnaie européenne. Les trois autres mesures (2015, 2016, 2019) ont eu peu d’effet sur l’euro-dollar.

Euro fort – Dollar faible

Les marchés estiment que la BCE n’est pas en mesure d’inverser la tendance à la hausse de l’euro-dollar mais au mieux de ralentir sa progression. Sa remontée face au billet vert est d’autant plus facile que la première monnaie mondiale est en proie au doute. Depuis l’élection présidentielle américaine du 3 novembre, la devise américaine a perdu 3 % . Les marchés estiment qu’avec un Congrès divisé entre démocrates et républicains et qui bloquera des mesures de l’administration Biden , la Réserve fédérale (Fed) sera en première ligne pour faire repartir la croissance et l’emploi.

Zone naturelle

L’assouplissement de la politique monétaire de la Fed fera baisser le dollar par rapport à l’euro qui s’établira durablement dans sa zone naturelle d’évolution entre 1,20 et 1,30 dollar. Ces 17 dernières années la devise européenne a échoué à s’inscrire au moins une fois dans cette zone à deux exceptions en 2016 et 2019, quand il s’établit sous 1,20 dollar. Ce fut aussi le cas dans les quatre premières années (1999-2004) après la naissance de la monnaie européenne, l’ère de l’euro faible , quand il enregistra son plus bas historique (0,84 dollar).

Compétitivité

La baisse de l’euro depuis un mois par rapport aux devises émergentes permet à son taux de change global (par rapport aux devises de ses partenaires commerciaux) de limiter sa hausse. « Il est seulement 0,5 % plus élevé que les prévisions de la BCE pour 2021. Elle peut ainsi davantage tolérer la hausse de l’euro-dollar tant que les monnaies émergentes poursuivent leur remontée », estime Andreas Steno Larsen responsable de la stratégie sur les taux et devises chez Nordea. Cette année, l’euro progresse seulement de 1,3 % par rapport à la devise chinoise à 7,91 renminbis. Cette appréciation modeste permettra aux exportateurs européens de profiter davantage de la reprise économique en Chine (leur deuxième marché à l’export) qu’aux Etats Unis où le bond de près de 8 % de l’euro contre le dollar handicape bien plus leur compétitivité.



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