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Finance

L’euro se hisse au plus haut depuis 2018



Publié le 23 juil. 2020 à 12h14

L’Europe a gagné. C’est ce que suggère l’envolée de la monnaie unique, qui a atteint 1,16 dollar mercredi, un niveau jamais vu depuis septembre 2018. L’euro et les actifs financiers libellés dans la devise des Dix-Neuf semblent avoir les faveurs des investisseurs. L’accord sur un plan de relance conclu mardi, après quatre jours d’intenses négociations, donne l’image d’une Europe plus unie. Concrètement, la décision des chefs d’Etat va se traduire par la création d’un marché obligataire commun, à travers l’émission de plus de 700 milliards d’euros de titres de l’Union européenne. Un pool d’actifs nouveau et bien noté sera forcément attrayant pour les gérants de portefeuilles du monde entier.

«Cet accord montre que l’Europe est capable de se mobiliser malgré des divergences de vue majeures», relève Ebrahim Rahbari, stratégiste Devises chez Citi. «Et, ce qui est important c’est que les pays du coeur et en particulier l’axe franco-allemand restent très attachés à l’intégrité de l’Union et de la zone euro. Ils ont prouvé qu’ils étaient déterminés à défendre cette intégrité, comme nous le disions depuis longtemps, notamment au moment de la décision polémique de la Cour constitutionnelle allemande ou lorsque l’efficacité de la BCE a été mise en doute», poursuite le spécialiste des changes.

Plan d’urgence de la BCE

L’ascension de la monnaie unique a connu une accélération à partir du 18 mai, date à laquelle le projet franco-allemand de plan de relance a été présenté. Mais un autre événement majeur avait déjà donné l’impulsion : l’annonce, le 18 mars, d’un programme d’urgence de 750 milliards d’euros par la Banque centrale européenne. Ce jour-là, le Conseil des gouverneurs a tenu une réunion téléphonique hors calendrier afin de déterminer quelles mesures prendre pour soutenir la zone euro face au choc du coronavirus. Peu avant minuit, un plan d’achats d’actifs très ambitieux a été dévoilé. L’euro, qui avait chuté jusqu’à 1,06 dollar, a amorcé son rebond. Depuis, il a gagné près de 9%.

Les avancées européennes sont-elles les seuls moteurs de l’euro face au dollar ? Ebrahim Rahbari ne le pense pas. Le stratégiste de Citi rappelle au passage que le plan se limite aux circonstances exceptionnelles actuelles et qu’une vision de long terme des Européens fait toujours défaut. Il continue cependant de croire à un potentiel de hausse de la monnaie unique contre le dollar pour deux raisons : d’abord parce que les taux réels américains à 2 ans sont inférieurs à ceux de l’Allemagne pour la première fois depuis 2015. Deuxièmement, parce que les investisseurs internationaux cherchent à réduire leur sous-exposition aux actifs européens. «Cela est aussi lié au fait qu’ils vont moins utiliser l’euro comme devise de financement», poursuit-il.

Fréquentation des restaurants

«Un accord européen [était] nécessaire mais pas suffisant pour soutenir encore l’euro», note George Saravelos, responsable mondial de la Recherche sur les changes chez Deutsche Bank. Pour l’expert, la hausse de la monnaie unique dépend surtout de la croissance comparée des économies européenne et américaine dans les prochains mois. Une surperformance du Vieux Continent encouragera un afflux de capitaux. « Des indicateurs tels que la fréquentation des restaurants laissent penser que cette divergence est en train d’accélérer. Et notre indicateur de suivi en temps réel des flux sur les actions [européennes] continue aussi de se redresser», souligne-t-il. Sa prévision est que l’euro peut grimper jusqu’1,20 dollar dans les prochains mois.

Parmi les autres facteurs mentionnés par les cambistes, la gestion de la crise du coronavirus par l’administration Trump et les élections américaines risquent de peser sur le billet vert au cours des prochains mois.



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