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Economie

Lime, Tier et Dott se partageront Paris


Précautions sanitaires obligent, David Belliard, nouvel adjoint au maire de Paris en charge des mobilités, a choisi de révéler en plein air le résultat de l’appel d’offres concernant les trottinettes en libre-service. Il a donc fait une rapide conférence de presse jeudi après-midi sur une place juste en face de l’hôtel de Ville. Les trois heureux élus sont les marques Lime, Tier et Dott qui seront donc les seules, pendant deux ans, à pouvoir exploiter des patinettes en free floating.

«Cette nouvelle organisation entrera en application mi-septembre», affirme David Belliard. Les opérateurs déjà actifs dans la capitale qui n’ont pas été retenus (Bird, BlaBlaRide opéré par VOI…) ont donc tout l’été pour retirer leurs engins.

Les groupes qui ont décroché cette précieuse licence devront respecter un cahier des charges très strict. D’abord, chacun ne pourra pas opérer plus de 5 000 trottinettes dans la capitale. Hier, Tier en avait 480, Dott 2 200 et Lime 4 900. Au total, il n’y aura donc pas plus de 15 000 trottinettes en circulation à Paris. Et, s’ils veulent étendre leur service aux communes limitrophes (Issy les Moulineaux, Montreuil, Courbevoie…), ils devront négocier avec chacune de ses communes.

Autre obligation, les passagers devront rendre les engins dans des parkings prévus à cet effet par la mairie de Paris. « 2 500 emplacements comprenant chacun 6 places sont prévus, explique David Belliard. Déjà, 2 200 sont utilisables. » D’ailleurs, les opérateurs ont prévu d’infliger des amendes aux contrevenants. Un système facile à mettre en place car les marques ont les moyens de géolocaliser les engins.

Lime, Tier et Dott ont également dû prendre des engagements sociaux et environnementaux. Par exemple, plus question de recourir à des «juicers», ces auto-entrepreneurs payés une misère. «Il y a eu des pratiques inacceptables de certaines marques qui employaient des sans papiers avec des rémunérations ridicules, souligne David Belliard. C’est l’une des raisons, avec l’occupation anarchique de l’espace public, qui nous a conduits à mettre en place une régulation sur ce marché.»

Escomptés au printemps, les résultats de l’appel d’offres ne sont communiqués que maintenant à cause de la crise sanitaire qui a décalé la date du deuxième tour des élections municipales. « C’était compliqué de donner le résultat d’un appel d’offres pendant la campagne et après il y a eu l’installation de la nouvelle équipe», explique David Belliard.

Ce résultat ne constitue pas une énorme surprise. Comme on s’y attendait, la mairie de Paris a retenu un géant américain (Lime), un leader européen (Tier) et un acteur français (Dott). Pour eux, c’est une énorme victoire : Paris est la capitale mondiale de la micro-mobilité où il y a le plus de trajets en trottinettes. Quand ils répondront à d’autres appels d’offres, ils pourront se targuer de cette référence. Elle leur servira également s’ils ont besoin de lever de l’argent ou de calmer des actionnaires rendus nerveux par la pandémie. Le leader mondial, Lime qui voulait initialement être profitable en 2020 a remis cet objectif à 2021.

Car, pour l’instant, aucun opérateur de trottinettes partagées n’est rentable. En clair, ils brûlent des fonds qu’ils ont levés. A contrario, les grands perdants sont l’Américain Bird et le Français BlaBlaRide opéré par le Suédois VOI qui n’ont pas été retenus et avaient fondé beaucoup d’espoir sur le marché très prestigieux qu’est Paris. À un degré moindre, l’Estonien Bolt et le petit Français Pony qui faisaient figure d’outsiders dans cet appel d’offres peuvent être dépités.



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