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Finance

L’Inde organise le sauvetage d’une deuxième banque en moins d’un an



Publié le 20 nov. 2020 à 11:59

Pour la deuxième fois de l’année, la banque centrale indienne vole au secours d’une banque afin d’éviter une crise plus large. La Reserve Bank of India (RBI) a placé cette semaine Lakshmi Vilas Bank (LVB) sous moratoire et demandé pour la première fois à une banque étrangère, la singapourienne DBS, de reprendre l’établissement régional en injectant des capitaux.

Basée dans le sud du pays, LVB subit des pertes depuis trois ans et a vu ses actifs non-performants augmenter, sur fond de problèmes de gouvernance. Depuis 2019, la banque était à la recherche d’un partenaire pour augmenter son capital. Sans succès.

Face à la détérioration de la situation, la banque centrale a imposé mardi une limite sur les retraits d’argent des clients jusqu’au 16 décembre. « Il n’y pas de raison de paniquer », a assuré la RBI, justifiant son intervention « en vue de protéger l’intérêt des déposants et dans l’intérêt de la stabilité financière et bancaire ».

Déjà un sauvetage en mars

Au mois de mars, l’institution avait placé sous tutelle Yes Bank, quatrième banque commerciale du pays, créant la panique des déposants. Les banques indiennes souffrent d’un très fort ratio de prêts non-performants. Le pays est en prise à une crise causée par le quasi-effondrement en 2018 de IL&FS, l’un des plus gros établissements financiers non-bancaires.

« Les problèmes de certains établissements du secteur privé ont été accentués par la pandémie de coronavirus », estime S&P Global Ratings dans une note publiée mercredi. L’économie indienne a plongé de près de 24% au premier trimestre, une contre-performance inédite pour le géant sud-asiatique qui pèse sur le système financier.

« La RBI essaie de surveiller de plus près les prêteurs défaillants et d’agir pour protéger le système bancaire des effets de contagion », poursuit l’agence de notation, qui voit d’un bon oeil la proposition de sauvetage établie par la RBI. La banque centrale indienne a en effet proposé de fusionner LVB avec la filiale indienne de la banque singapourienne DBS, qui a accepté d’injecter 285 millions d’euros, si le plan est approuvé.

Cette proposition permettrait à DBS, présente dans 24 villes indiennes, de développer rapidement son réseau grâce aux quelque 500 agences que possèdent LVB et dont les dépôts s’élèvent à plus de deux milliards d’euros. Un soulagement pour LVB et un coup de pousse pour la banque singapourienne.



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