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Economie

l’investissement chute de près de 20% dans le monde


L’industrie énergétique, moteur de l’activité économique, n’a bien sûr pas été épargnée par la crise historique déclenchée par la pandémie de Covid-19. Grand confinement oblige, la demande mondiale d’énergie a baissé. Sur l’ensemble de l’année, elle devrait reculer de 5% selon l’estimation de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) qui publie son rapport annuel ce mardi. Au plus fort du confinement, en mars et avril, dans les pays appliquant les mesures de distanciation les plus strictes, la consommation d’énergie a chuté jusqu’à 25%.

Un bond de vingt ans en arrière

Ce sont les énergies fossiles qui ont le plus régressé, de 9% pour le pétrole, de 7% pour le charbon et de 3% pour le gaz. Au mois d’avril, la demande de pétrole était revenue à son niveau d’il y a vingt ans, lorsque l’économie chinoise, pour ne prendre qu’un seul exemple, était bien moins énergivore qu’aujourd’hui. Conséquence: une bonne nouvelle pour la planète: les émissions de gaz à effet de serre issues de la production d’énergie devraient diminuer de 7% en 2020. Et encore, dans le détail, la relation entre l’évolution de la consommation d’énergie et celle des rejets de CO2 n’est pas si simple. Exemple: en juillet à New York, au sortir du confinement, les habitants ont rechigné à reprendre le métro par crainte du coronavirus. Résultat, l’usage des transports en commun est resté en retrait de 60% mais le trafic routier était 20% au-dessus de la normale. Surtout, on sait que la rémission concernant les gaz à effet de serre peut être éphémère. La reprise de l’activité en Chine dès le printemps a ainsi suscité un rebond du CO2 émis, souligne l’AIE.

En asséchant les recettes des entreprises énergétiques et en brouillant les perspectives sur la consommation, la crise du Covid produit un autre effet majeur : les investissements dans le secteur devraient s’effondrer, de 18%, prévoit l’AIE. Et même de plus de 30% dans les hydrocarbures. Une baisse durable des capitaux investis empêcherait de nombreux pays à atteindre leurs objectifs de développement et freinerait la transition énergétique.

Pénurie d’or noir

Dans le secteur pétrolier, la baisse massive des investissements pourrait finir par créer une pénurie d’or noir, si la production de nouveaux champs peine à démarrer faute de capitaux et que dans le même temps, la demande mondiale rebondit. Ce qui pourrait aboutir à une forte volatilité des prix. Mais il s’agit ici d’un scénario parmi d’autres. Car bien plus que dans les années précédentes, les experts de l’AIE reconnaissent qu’ils font face à un mur d’incertitudes. C’est pourquoi, davantage que proposer des prévisions, ils explorent quatre grands scénarios. L’un d’eux repose sur une pandémie du Covid-19 qui se prolongerait au-delà de 2021. Dans cette hypothèse, en 2030, les rejets de CO2 seraient réduits de 10% par rapport à aujourd’hui. Et pourtant, selon l’AIE, la perspective n’est guère réjouissante. Car dans ce scénario «les efforts en faveur de la transition énergétique sont reportés et la lutte contre la précarité énergétique contrariée; les réductions d’émissions de gaz à effet de serre se réalisent pour de mauvaises raisons».



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