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Finance

L’ONG ShareAction dénonce les angles morts de la gestion ESG



Les gestionnaires d’actifs restent majoritairement en retrait sur la défense des droits humains, regrette l’ONG ShareAction. « Les plus grands gérants d’actifs au monde, tout en se déclarant formellement en faveur de la protection des droits de l’homme, échouent largement à demander des comptes aux entreprises responsables de violations des droits de l’homme et des droits du travail », dénonce Felix Nagrawala, qui a réalisé l’analyse pour ShareAction.

L’ONG, qui avait déjà passé au crible les engagements des gérants sur le climat , s’est penchée cette fois-ci sur la manière dont 75 grands gérants d’actifs intègrent le respect des droits de l’homme dans leurs discussions avec les entreprises. Au premier abord, les gérants semblent avoir pris cette problématique à bras le corps. Plus des trois quart des sociétés interrogées incluent les violations des droits de l’homme dans leur politique ESG globale, qui s’applique à l’ensemble de leurs encours sous gestion.

Une mise en pratique lacunaire

Mais la matérialisation de ces engagements laisse encore largement à désirer. Moins de 10 % d’entre eux se montrent pro-actifs, en interrogeant directement les sociétés dans lesquelles ils investissent sur leurs pratiques et celles de leurs sous-traitants. Au contraire, plus de 60 % des gérants se contentent de réagir à des polémiques publiques qui risquent de nuire à leur réputation et à la performance de sociétés en portefeuille.

De fait, la prise en compte des facteurs ESG reste encore souvent cantonnée à leur impact sur les finances de l’entreprise. C’est notamment la démarche retenue par les agences de notations lorsqu’elles intègrent l’ESG à leur évaluation de crédit. Or, les ONG comme ShareAction aimeraient voir les gérants d’actifs s’emparer de ces problématiques qu’elles aient ou non un impact direct sur la valorisation des entreprises en portefeuille.

Les polémiques autour de l’engagement social des gérants d’actifs ont toutes les chances de se multiplier à l’avenir. Alors que la finance durable semble bien partie pour ressortir renforcée de la crise, la thématique sociale apparaît de plus en plus parmi les priorités mise en avant par les gérants . Sur ce sujet, l’Europe a une longueur d’avance sur les Etats-Unis. Les vingt gérants d’actifs les mieux notés par ShareAction sont tous basés sur le continent, dont le français BNP Paribas Asset Management, classé deuxième derrière le néerlandais Robeco. En queue de tableau, ce sont les américains qui dominent, avec dix des vingt notes les plus faibles, dont Vanguard et JPMorgan AM.



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