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Finance

L’Opep et ses partenaires s’entendent pour continuer à limiter la production de pétrole



Publié le 5 janv. 2021 à 18:39

Les cours du pétrole ont bondi mardi, après avoir hésité sur fond de tensions entre l’Arabie saoudite et la Russie sur le niveau de production de brut à atteindre en février. Selon des rumeurs, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses partenaires (Opep +), dont la Russie, devraient maintenir les coupes de production décidées l’an dernier après l’effondrement de la demande en carburant lors de la pandémie.

Dans le détail, le brent, référence européenne, a gagné 3,5 % à 52,80 dollars, tandis que le WTI, référence américaine, a bondi de plus de 4 % pour passer brièvement au-dessus de la barre des 50 dollars.

Coupe unilatérale

Selon les premiers éléments disponibles, la coalition aurait décidé in extremis de maintenir ses coupes. L’Arabie saoudite devrait de son côté procéder à des réductions supplémentaires unilatérales dont elle n’a pas encore dévoilé l’ampleur. La Russie pourrait ainsi revoir à la hausse sa propre production sans que le niveau global augmente.

La réunion des ministres de l’alliance, qui représente la moitié de la production mondiale, a mal démarré. Les discussions, qui devaient aboutir à un accord lundi, ont été suspendues et remises au lendemain en raison de l’opposition unanime des membres de l’Opep à la proposition russe de réinjecter 500.000 barils par jour supplémentaire dès février.

Riyad joue la prudence

L’Opep, emmenée par l’Arabie saoudite ne souhaitait pas revoir à la hausse la production, mais maintenir les réductions actuelles, voire les réduire davantage afin de soutenir les cours mis à rude épreuve par la pandémie. La demande d’or noir a reculé de près de 10 % sur l’année.

« Au risque d’être rabat-joie, je vous exhorte à la prudence. Le nouveau variant du virus est un événement imprévisible et inquiétant », a mis en garde le prince Abdulaziz ben Salman dans son discours d’ouverture lors de cette réunion par visioconférence.

Au Royaume-Uni, où le variant a été détecté en premier, la situation sanitaire se dégrade à grande vitesse, au point que le premier ministre Boris Johnson a annoncé un troisième confinement. Les investisseurs redoutent que l’Europe ne soit elle aussi victime d’une troisième vague ce qui pèsera sur la consommation de carburant.

Parts de marché contre prix

Moscou souhaitait à l’inverse poursuivre la stratégie adoptée en décembre d’augmenter chaque mois la production de 500.000 barils par jour. « La Russie s’intéresse en ce moment aux parts de marché, tandis qu’un certain nombre d’autres pays donnent leur préférence aux prix du marché », a résumé le ministre iranien du pétrole Bijan Namdar Zanganeh.

Pour Moscou, qui peut se satisfaire d’un baril à 50 dollars, il s’agit surtout de maintenir la pression sur le secteur américain du pétrole de schiste dont les coûts de production sont plus élevés. L’Arabie saoudite ne souhaite pas non plus voir la production outre-Atlantique repartir. Mais Riyad a besoin d’un pétrole plus cher pour financer ses dépenses publiques.

La Russie isolée

Isolée, la Russie a dû plier face au front commun de l’Opep, plusieurs pays de l’organisation ayant montré leur soutien à Riyad. D’un point de vue personnel, c’est aussi une victoire pour le prince Abdulaziz ben Salman qui avait été contraint en décembre d’accepter une hausse de la production pour janvier.

Par ailleurs, les cours profitent également de l’intention iranienne de continuer à enrichir de l’uranium. La probabilité que dans ces conditions, les Etats-Unis lèvent les sanctions contre les exportations du pétrole de la République islamique, même avec l’arrivée du Démocrate Joe Biden, est faible.



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