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Finance

Madrid veut limiter les salaires des dirigeants de banques



Publié le 24 avr. 2021 à 10:22

Le gouvernement espagnol appelle la Banque d’Espagne à limiter les salaires et bonus des dirigeants du secteur financier. « Ces hauts salaires et ces bonus me semblent inacceptables, surtout dans les entités qui annoncent de fortes coupes de personnel, s’indigne la ministre de l’économie Nadia Calviño. Dans le contexte de la pandémie, les salaires et les bonus des dirigeants doivent être alignés sur l’évolution du secteur et de l’économie dans son ensemble ».

Coup de massue

Elle lance cet appel au moment où le secteur bancaire ouvre la plus grosse saignée d’emplois de son histoire . Le pays a appris, dans la même semaine, la suppression de 3.800 postes chez BBVA et 8.300 chez CaixaBank, qui ouvre le plus gros plan social jamais vu dans le secteur financier espagnol. L’ampleur de ces restructurations, nettement supérieure aux prévisions des analystes, a fait l’effet d’un coup de massue. Elle est d’autant plus choquante au moment où les dirigeants des banques en question font approuver leurs confortables hausses de salaires et leurs bonus.

Chez BBVA, l’assemblée générale d’actionnaires a voté, deux jours avant l’annonce du plan de licenciement, l’augmentation de la rémunération du président, Carlos Torres, de 4,10 à 6,9 millions d’euros, et le quasi-doublement de celle du directeur général, Onur Genç, de 3,4 à 6,3 millions.

Du côté de CaixaBank, les actionnaires devraient ratifier dans les prochaines semaines le nouveau salaire du président, Ignacio Goirigolzarri, qui gagnera 1,65 million d’euro, soit trois fois plus que lorsqu’il était chez Bankia avant la fusion .

« C’est un scandale et une obscénité, quand on se prépare à éjecter des milliers de personnes », proteste le syndicaliste Uni Sordo, secrétaire général de Commissions ouvrières. Il n’est pas le seul à s’indigner. « Le secteur a reçu des aides importantes durant la crise », rappelle le ministre de la Sécurité sociale, José Luis Escriva, en demandant aux banquiers « d‘intérioriser la protection dont a bénéficié le secteur pour éviter des dommages majeurs ».

Silence des banquiers

Ces appels sont pour l’instant restés sans réponse. Les banquiers gardent le silence et, du côté de la Banque d’Espagne, on se contente de signaler que le gouverneur n’a pas l’habitude de commenter les opinions de tierces personnes, y compris des ministres.

Le gouvernement espère néanmoins pouvoir trouver des mécanismes pour limiter les hauts salaires et la distribution de bonus compte tenu du contexte social. « Ce n’est pas le moment de ce genre de comportements, insiste la ministre du Travail, Yolanda Diaz. Nous devons tous ramer dans le même sens, qui est celui de l’emploi. »



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