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Economie

«mal à l’aise», le gouvernement français aurait préféré un cadre légal


S’ils condamnent les propos tenus par le président américain sur les réseaux sociaux, plusieurs ministres regrettent qu’une telle décision revienne uniquement à la plateforme.

C’est une décision historique qui fait débat. Vendredi 8 janvier, trois jours après les émeutes survenues au Capitole à Washington, le compte Twitter du président américain Donald Trump a été définitivement fermé par la plateforme elle-même. Dans la foulée, le républicain a été banni de différents réseaux sociaux, parmi lesquels Facebook, Snapchat, ou encore Twitch. En France, ces décisions inédites ont laissé perplexes certains membres du gouvernement, qui les ont désapprouvées ce lundi matin.

Invitée sur France Info, la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, a indiqué qu’elle pouvait «comprendre la réaction des réseaux sociaux», mais elle a semblé partagée quant à la démarche de Twitter. Bien qu’elle partage la volonté de «réguler» et «dire stop», l’écologiste estime qu’une telle initiative «ne peut pas être une réaction normale.» «On doit avoir des processus démocratiques pour réguler le fonctionnement des plateformes et des réseaux sociaux, et ça, ça doit faire l’objet de débats politiques. (…) La norme ne peut pas être qu’un réseau social décide de lui-même de couper tout seul», a-t-elle développé.

Le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, a quant à lui fait savoir qu’il était «mal à l’aise face à cette décision». Au micro d’Europe 1, le secrétaire d’État a rappelé qu’il partageait l’objectif de «lutte contre les discours de haine, contre des publications qui appellent à la violence», tout en émettant des réserves quant à la méthode adoptée. «Bannir une personne, c’est-à-dire la réduire au silence sur les réseaux sociaux qui sont devenus une forme d’espace public, ça me semble plus compliqué, en tout cas en l’absence de critères spécifiquement établis», a-t-il précisé. Et de poursuivre : «Cette décision me semble assez facile. Donald Trump est au bout de son mandat. Je ne sais pas, s’il avait été réélu, si ces réseaux et ces GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon, NDLR) auraient pris une telle décision.»

À VOIR AUSSI – Trump et ses partisans bannis des réseaux sociaux

«La régulation des gens du digital est nécessaire»

Alors que la dernière proposition législative du gouvernement visant à lutter contre les contenus haineux sur internet – la «loi Avia» – a été censurée par le Conseil constitutionnel, Gabriel Attal a affirmé que le gouvernement «essaye de trouver des solutions» pour tenter d’endiguer ce fléau malgré tout. «C’est une problématique qui a émergé ces dernières années au niveau mondial, qui concerne tous les pays», a-t-il ajouté.

Encore plus tranché sur la question, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire s’est enfin dit «choqué» par la situation. «La régulation (…) du numérique ne peut pas se faire par l’oligarchie numérique elle-même», a-t-il martelé sur France Inter. «L’oligarchie digitale est une des menaces qui pèse sur les États et sur les démocraties. La régulation des gens du digital (…) est nécessaire et ne peut se faire que par le peuple souverain, par les États et par la justice.», a-t-il soufflé.





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