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Economie

Malgré un démarrage poussif la BCE espère toujours « faire du paiement instantané la nouvelle norme»


L’institution européenne qui a fait de ce mode de paiement une question de souveraineté. Mais les coûts de transfert et les difficultés d’utilisation ralentissent son déploiement

Invité le 19 mai 2021 à intervenir au forum des paiements à Helsinki, l’économiste Fabio Panetta, membre du directoire la BCE, a rappelé l’importance «d’offrir des paiements instantanés à des conditions attractives et transparentes». Un objectif loin d’être réalisé selon lui. Si l’institution de Francfort a fait tout son possible pour encourager ce mode de transfert «le secteur privé, par contraste, a fait beaucoup moins de progrès sur ce front».

Lancé depuis le 30 novembre 2018, le système de virements instantanés «TIPS» pour «Target Instant Payment Settlement», utilisable par les consommateurs et entreprises en zone euro, permet de transférer tout au long de l’année, 24 heures sur 24, et en quelques secondes de l’argent entre banques via un smartphone, une tablette ou un ordinateur. Un gain énorme par rapport aux virements traditionnels, qui nécessitent entre un et plusieurs jours ouvrés pour arriver à destination.

Une pratique peu développée

Les institutions européennes avaient une grande ambition pour ce nouveau mode de paiement. Le chiffre de 10 millions de transactions, d’ici cinq ans avait été annoncé. À mi-parcours le compte n’y est pas, selon la Fédération bancaire française (FBF), «malgré les importants investissements effectués, les transactions Instant Payment ou virement instantané en France constituent autour 1% des transactions de virements sur l’année 2020. »

Pour promouvoir ce service la BCE a, dès le lancement, demandé aux banques un forfait global, très faible, de 0,002 euro soit 0,2 centime par transaction afin de couvrir ses frais. Elle espérait que ce prix bon marché et uniforme serait répercuté sur les tarifs fixés par les banques. Dans les faits les prix sont prohibitifs comme l’a souligné Fabio Panetta: «les paiements instantanés sont parfois proposés aux clients pour un euro la transaction. Cela doit changer» fustige-t-il.

Une critique balayée par la FBF :«La facturation de la BCE est difficilement comparable avec les coûts consentis par les banques pour construire une offre Instant Payment, qui n’en est qu’à ses débuts. En effet, la BCE propose uniquement une offre axée sur le règlement des transactions tandis que les banques ont dû faire fortement évoluer toute la chaîne de valeur des paiements pour proposer une offre Instant Payment (Gestion du risque, Tenue de compte, Gestion de la trésorerie, Sécurité, …).»

Un avis que ne partage pas Cyril Chiche, cofondateur et président de l’application de paiement mobile, Lydia: «tous nos virements depuis Lydia sont instantanés et gratuits», l’entreprise prend en charge le 0,2 centime d’euro. Il reproche aux autres établissements de s’enrichir sur le dos des clients: «ils font payer parce que c’est nouveau».

Une question de souveraineté

Avec «TIPS», le projet de la BCE était presque plus politique qu’économique. Il s’agissait, d’une part, de renforcer l’intégration européenne, en facilitant les paiements entre les pays. Et d’autre part, concurrencer les géants américains Visa et MasterCard pour les paiements par carte, ou PayPal sur les paiements en ligne.

Une domination qui faisait dire, dès septembre 2018, à Yves Mersch, membre du directoire de la BCE qu’il craignait pour les firmes européennes «que des décisions de juridictions extraterritoriales altèrent le fonctionnement de ces entreprises, jusqu’à provoquer un dysfonctionnement des paiements entre contreparties européennes». Les faibles avancées européennes dans ce domaine ces dernières années, pendant que l’Asie et les États-Unis faisaient des bons de géants renforcent encore ces craintes.



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