Image default
Economie

Menacé d’interdiction aux États-Unis, TikTok lance sa contre-attaque


Non, Facebook n’est pas le gentil géant américain, ni TikTok le méchant Chinois qui espionne ses utilisateurs pour le compte de Pékin. Ancien de chez Disney, le patron de la plateforme de micro-vidéos Kevin Mayer s’y connaît en scénarios manichéens. Il ne veut pas endosser le mauvais rôle dans celui co-écrit par le patron de Facebook Mark Zuckerberg et par Donald Trump.

Dans une tribune publiée mercredi, le nouveau patron américain de la plateforme de micro-vidéos à succès a violemment contesté cette vision des choses, poussée à la fois par Facebook, qui conteste ainsi dominer outrageusement le marché des réseaux sociaux, et par la Maison Blanche, dans le cadre de son bras de fer avec Pékin. «TikTok est devenue la cible principale [de nos concurrents], mais nous ne sommes pas un ennemi», plaide-t-il.

La survie de TikTok aux États-Unis dépend de quel camp réussira à imposer sa vision des choses. La Maison-Blanche menace en effet depuis plusieurs semaines de bannir l’application chinoise au motif qu’elle représente une menace pour la sécurité nationale, comme l’a fait l’Inde récemment. Mercredi, l’administration américaine a encore fait monter la pression, sous-entendant qu’une décision était imminente.

TikTok sous le coup d’une enquête fédérale

Interrogé sur la possibilité de bannir TikTok, Donald Trump a répondu mercredi que «nous étions en train de regarder le dossier, et que nous pensons prendre une décision». «TikTok fait l’objet d’une enquête du CFIUS (l’agence chargée de s’assurer que les investissements étrangers, ne présentent pas de risque pour la sécurité nationale NDLR). Nous ferons une recommandation au président cette semaine», a précisé mercredi également le secrétaire au Trésor américain Steven Mnuchin depuis la Maison Blanche. Mi-juillet, le secrétaire d’État américain Mike Pompeo n’avait pas exclu de bannir l’application chinoise des États-Unis.

Kevin Mayer veut convaincre que TikTok est le véritable gentil et Facebook, le vrai méchant. Le premier réseau social chinois à percer à l’international est en train de sauver le marché de la mainmise de Facebook, avance-t-il. «Il est malheureux pour les créateurs, les marques et la communauté au sens large, que, depuis des années, aucune entreprise n’ait émergé en réinventant ce qu’une plateforme sociale de divertissement peut être, poursuit Kevin Mayer. TikTok est justement en train de réussir cela. Nous avons insufflé avec succès de la concurrence sur le marché.» L’argument peut porter, alors que les élus du congrès interrogent justement Mark Zuckerberg sur d’éventuels abus de position dominante de la part de Facebook.

«Nous vous attendons de pied ferme»

«Chez TikTok, nous accueillons volontiers la concurrence, insiste Kevin Mayer. À nos concurrents, nous disons : nous vous attendons de pied ferme.» Et le patron de frapper là où ça fait mal : «Facebook a lancé un nouveau produit, copie conforme de TikTok, Reels , après que Lasso, leur première copie de notre plateforme, a rapidement échoué. Concentrons notre énergie sur la base d’une concurrence saine et ouverte (…), plutôt que sur les attaques sournoises de notre concurrent – Facebook pour ne pas le nommer – qui, sous les atours du patriote, ne vise qu’à mettre fin à notre présence sur le sol américain.» Et d’assurer que sans TikTok, les annonceurs américains n’auraient plus grand choix pour diffuser leurs publicités. «La concurrence s’assécherait, de même que les débouchés pour l’énergie créative américaine», assène-t-il.

Face aux «attaques sournoises», Kevin Mayer propose de hausser le niveau de jeu. On reproche à TikTok d’espionner ses utilisateurs américains au profit de la Chine ? L’ancien cadre de Disney affirme que les géants du numérique devraient être soumis à de «très hauts standards d’exigence». «Nous croyons que toutes ces entreprises devraient dévoiler aux régulateurs leurs algorithmes, leur politique de modération des contenus ainsi que leurs flux de données», explique-t-il, endossant le rôle du gentil. Il rappelle que TikTok a ouvert en Californie un centre «pour la transparence et la responsabilité» où les experts peuvent se pencher sur les pratiques de la plateforme.

La vente de TikTok n’est pas exclue

Si toutefois cela ne suffit pas à rassurer sur l’indépendance de TikTok par rapport à la Chine, Kevin Mayer sous-entend que sa maison mère basée à Pékin, ByteDance, pourrait aller jusqu’à vendre une part majoritaire du capital de TikTok. «Nous sommes prêts à prendre toutes les décisions nécessaires au maintien de l’accessibilité de TikTok à long terme», glisse-t-il.

Difficile de ne pas le comprendre comme une référence aux suggestions de certains proches de Donald Trump de couper tout lien capitalistique entre le réseau social et sa maison mère pékinoise pour échapper à un bannissement. Le conseiller économique du président américain a en effet déclaré le 16 juillet que «comme cela a été signalé dans certains endroits, je pense que TikTok va se retirer de la holding qui est dirigée par la Chine et fonctionner comme une société indépendante».

D’après Reuters, deux fonds ayant investi dans ByteDance, Sequoia Capital et General Atlantic, ont proposé à la licorne chinoise de lui racheter une part majoritaire dans TikTok à un prix valorisant la plateforme à environ 50 milliards de dollars.



Source link

Autres articles

sans coup de pouce, la rentrée pourrait être rude

administrateur

Le troisième budget de crise sera définitivement adopté ce jeudi

administrateur

Métro, bus, TGV, avion…comment se profile la reprise dans les transports le 11 mai ?

administrateur

Confinement oblige, les syndicats fêtent le 1er mai différemment

administrateur

Acheter un appartement à Paris coûte près de 550.000 euros en moyenne

administrateur

la revalorisation des pensions devant le Sénat ce lundi

administrateur