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Economie

Microsoft, Amazon et IBM réclament des lois claires


Le débat n’est pas nouveau, mais il a pris une nouvelle tournure cette semaine, suite aux manifestations de protestation contre le racisme et les violences policières aux États-Unis. Coup sur coup, trois grandes entreprises technologiques Microsoft, Amazon et IBM ont dû expliciter leur position sur la question et appellent à un encadrement législatif de cette technologie.

Dernière en date à s’exprimer: Microsoft refusera l’accès à sa technologie aux forces de police américaines. «Tant qu’il n’y aura pas de législation fédérale solide basée sur les droits de l’homme, nous ne vendrons pas cette technologie aux forces de l’ordre», a indiqué Brad Smith, président et directeur juridique de Microsoft. Au-delà des forces de l’ordre, la société, partisan de longue date d’une législation dans ce domaine, prévoit de «renforcer les processus d’examen des demandes de nos clients qui souhaitent utiliser cette technologie à grande échelle».

Moratoire d’un an pour le logiciel Amazon Rekognition

Très attendu sur le sujet, Amazon a décidé mercredi d’interdire aux forces de l’ordre d’utiliser son logiciel de reconnaissance faciale, baptisé Rekognition, pendant un an. Ce moratoire doit donner au Congrès le temps de «mettre en place des règles appropriées». «Nous prônons des régulations plus strictes des gouvernements sur le recours éthique aux technologies de reconnaissance faciale, et le Congrès semble prêt à relever le défi», a indiqué mercredi le géant du commerce en ligne dans un communiqué. Amazon avait jusqu’ici résisté à la pression exercée par la puissante American Civil Liberties Union (ACLU) et d’autres organisations qui l’appellent depuis deux ans à cesser de fournir Rekognition aux services de police, en raison des enjeux pour la protection de la vie privée et des problématiques d’algorithmes biaisés. Une pression qui s’est amplifiée cette semaine avec l’appel d’associations de lutte contre les inégalités raciales l’exhortant à cesser toute collaboration technologique avec la police américaine. Amazon avait reconnu en octobre que, «comme toutes les technologies», la reconnaissance faciale pouvait être mal utilisée. La société n’a rien dit sur ses caméras de surveillance (Ring), très utilisée par les forces de police locales, qui sont aussi dans le collimateur de ces associations.

En début de semaine, c’est IBM qui avait relancé le débat public en annonçant se retirer du marché de la reconnaissance faciale, dans une lettre envoyée au Congrès. «Si toutes les entreprises responsables du pays cèdent ce marché à celles qui ne sont pas prêtes à prendre position, nous ne servirons pas nécessairement les intérêts nationaux ou la vie du peuple noir et afro-américain de cette nation» déclarait son nouveau PDG Arvind Krishna. Ce marché ne représente cependant pas grand-chose dans les revenus d’IBM.

En janvier, Sundar Pichai, le PDG de Google, l’un des plus grands acteurs dans ce domaine, avait appelé à Bruxelles l’Union européenne à adopter une «réglementation judicieuse» pour l’intelligence artificielle en adaptant la réglementation à chaque secteur. Il avait expliqué à Bruxelles que le groupe ne fournirait pas de service clé en main de reconnaissance faciale tant que des règles et garde-fous n’étaient pas mis en place par les autorités.



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