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Finance

MIFID II: pour le gendarme européen, la recherche actions n’est pas menacée



Publié le 7 sept. 2020 à 17:58

La place de Paris ne comprend pas. Depuis deux ans, elle alerte les autorités européennes des effets néfastes de la directive MIFID 2 sur l’analyse financière. Des tarifs en chute libre, moins de petites et moyennes valeurs suivies… La SFAF (Société Française des Analystes Financiers) a tiré la sonnette d’alarme, au point que l’Autorité des Marchés Financier (AMF) a décidé, en janvier, de voler au secours de cette activité essentielle au bon fonctionnement des marchés .

Mais voilà que l’ESMA (European Securities Market Exchange), le régulateur européen des marchés, conclut, dans un rapport daté de la semaine dernière, que cette réglementation ne porte pas préjudice à la recherche actions.

Entré en vigueur en janvier 2018, ce texte a bouleversé le modèle économique des brokers en rendant l’analyse financière, jusque-là gratuite car comprise dans les commissions de courtage, payante pour les investisseurs.

Machine arrière

La place de Paris comprend d’autant moins cet avis de l’ESMA, que fin juillet, la Commission européenne a jugé urgent de réexaminer une partie de ces textes et a même proposé de faire machine arrière pour les capitalisations de moins d’un milliard d’euros en regroupant à nouveau l’analyse financière et les commissions d’exécution dans une même facture. 

Selon l’ESMA, « l’introduction de MiFID II n’a pas généré de différence significative dans le nombre d’analystes produisant des estimations de bénéfices par action », et « la récente augmentation du nombre d’entreprises non couvertes par les analystes semble être la continuation d’une tendance à long terme. » 

« Nos propres constats ne vont pas dans ce sens, réagit Arabelle Conte, Directeur Distribution et relation Clients à l’Association Française de la Gestion Financière (AFG). Nous nous interrogeons sur la méthode retenue par l’ESMA. Par exemple, si le nombre global d’études sur les petites et moyennes capitalisations baisse apparemment peu, a-t-il isolé la recherche sponsorisée -payée par l’entreprise elle-même- qui a été multipliée par quatre ?»

Moins d’analystes mais de meilleure qualtié

Pour l’ESMA, la qualité de la recherche sur les entreprises européennes s’est même améliorée pour les grandes entreprises, du fait d’une plus grande concurrence. En clair, il y a moins d’analystes par entreprise mais ils sont de meilleure qualité.

Le superviseur européen reconnaît avoir un avis différent des régulateurs français et anglais. « Il y a diverses définitions de la qualité de la recherche. Cela conduit à un potentiel de désaccord, car les résultats peuvent varient selon la métrique choisie », commente-t-il. L’ESMA se base sur les estimations des bénéfices par actions (BPA). Si ces dernières sont proches du BPA réalisé, alors la recherche est jugée de qualité.

A Paris, on argue qu’un gérant actions, pour mesurer la qualité de l’analyste, s’intéresse d’abord à sa disponibilité, à sa connaissance des sociétés et à la pertinence de son objectif de cours. A l’AFG, les gérants sont unanimes. La qualité de la recherche a baissé: juniorisation des équipes, dispersion des prévisions, des prestations sans contact avec les analystes, notes d’analyse appauvries….

En examen au Parlement européen

L’enjeu est de taille : le Parlement européen doit examiner les propositions de la Commission européenne en septembre. La partie semble serrée pour la place de Paris qui veut redonner de l’oxygène à l’analyse financière.



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