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Economie

Montpellier instaure la gratuité des transports en commun


À Montpellier, les transports en commun deviennent gratuits à compter de ce week-end. Grande promesse de campagne du maire et président de l’agglomération nouvellement élu, Michaël Delafosse (PS), elle se concrétise ce samedi avec sa première phase de déploiement, la gratuité étant limitée aux samedis et dimanches dans un premier temps. Elle sera ensuite étendue «aux séniors» et «aux jeunes» avant, d’ici à la fin du mandat, d’englober l’ensemble des jours de la semaine… pour les habitants de la métropole seulement.

«Il n’est pas normal que les Montpelliérains et les habitants de la métropole (475 000 habitants, NDLR) financent les transports par leurs impôts et payent leur ticket au même titre que les Nîmois ou les Sétois qui viennent travailler à Montpellier», plaidait Michaël Delafosse pendant sa campagne alors que 90 % des voyageurs sont résidents de l’agglomération.

Ainsi, la septième ville de France en nombre d’habitants devient la première métropole à mettre en application la gratuité, après 35 autres intercommunalités plus modestes telles que Dunkerque, Calais, Libourne, Niort, Aubagne et Châteauroux. Une mesure qui, tant qu’elle n’est appliquée qu’aux week-ends, coûtera 1,9 million d’euros à la collectivité du fait de l’arrêt des ventes de tickets. Quand la gratuité sera totale, c’est 24 millions d’euros que Montpellier Métropole Méditerranée devra trouver, alors que la société de transports réalise 39 millions d’euros de recettes commerciales.

Compenser le manque à gagner

Montpellier Métropole Méditerranée n’a pas encore trouvé la solution miracle pour compenser ce manque à gagner. «Il va falloir se montrer innovant», reconnaît Michaël Delafosse. «Combler les recettes manquantes ne suffit pas, prévient Maxime Huré, maître de conférences en sciences politiques à l’université de Perpignan et président du comité scientifique de l’Observatoire des villes du transport gratuit. À Dunkerque, la fréquentation des transports en commun a augmenté de 120 % le week-end et 85 % la semaine. Si la collectivité souhaite maintenir le niveau de sa qualité de service, elle doit donc, en parallèle, massivement investir dans ses équipements sinon les usagers risquent de se détourner des transports en commun.»

Il va falloir se montrer innovant

Michaël Delafosse

Selon cet universitaire, un des atouts de la gratuité serait la violence réduite dans les transports en commun. «Quand une rame est plus fréquentée, il y a une forme de contrôle social par lequel d’éventuels perturbateurs n’osent pas agir», argumente-t-il. Côté transporteur, l’analyse est plus mesurée sur les bienfaits de la gratuité. «Il y a un vrai risque d’appauvrissement de l’offre et de façon durable», pointe le cadre d’une major du transport qui précise: «En l’absence de recettes, le seul levier de financement pour la collectivité devient l’impôt sur les ménages et le versement transport payé par les entreprises du territoire». Outre Montpellier, les présidents des agglomérations de Lille et Clermont-Ferrand ont prévu, au moins partiellement dans un premier temps, d’expérimenter la gratuité. Une mesure si populaire qu’elle paraît, une fois mise en œuvre, difficilement réversible.

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