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Finance

Natixis reporte sa sortie de H2O à la demande des autorités



Nouveau rebondissement dans l’affaire H2O Asset Management (AM). Natixis a annoncé ce mercredi soir le report de la vente de ses 50,01 % du capital de la boutique londonienne, mise en difficulté par des investissements hasardeux et le gel de plusieurs de ses fonds.

« Faisant suite aux échanges avec les autorités réglementaires concernant le projet de cession par Natixis IM (la holding de gestion d’actifs du groupe, NDLR), de sa participation dans H2O AM, Natixis IM et H2O AM indiquent poursuivre leurs travaux en vue d’amender le projet de transaction dans l’objectif de dénouer leur partenariat », déclare la banque dans un communiqué. Elle ajoute que « le marché sera tenu informé du nouveau calendrier de l’opération », sans plus de détails. Vendredi dernier, au cours de son assemblée générale annuelle, Natixis avait pourtant affirmé que le processus de cession de ses parts au management de H2O se poursuivait.

Tour de passe-passe

Cette annonce ne sera pas de nature à rassurer les clients de la boutique, dont 1,6 milliard d’euros d’encours sont toujours cantonnés en raison de leur exposition aux actifs illiquides de Tennor, la holding de Lars Windhorst, un homme d’affaires allemand controversé. La semaine dernière, H2O a repoussé l’horizon de réouverture de ces produits, fixé initialement à fin juin.

Elle va en effet participer à la restructuration de la dette de Tennor, en souscrivant à un nouvel instrument de dette de 1,45 milliard d’euros. Rien n’indique que ce tour de passe-passe interne permettra à Tennor d’honorer ses nouveaux engagements et à H2O de rembourser les clients qui souhaiteront sortir de ses fonds.

Demande de la FCA

Cet épisode éclaire sans doute le report de la cession des parts de Natixis. La demande émanerait de la Financial Conduct Authority (FCA) qui supervise à Londres la société de gestion, selon nos informations. La FCA n’était pas joignable dans l’immédiat.

Il est possible que le régulateur britannique ait souhaité le maintien de H2O dans le giron de Natixis. Le temps de faire la lumière sur les déboires de la société de gestion ou d’examiner le schéma de cession des 50,01 % du capital de H2O détenus par la banque. De son côté, l’Autorité des marchés financiers (AMF) ne fait pas de commentaires. Le gendarme français est lui aussi concerné par le dossier car il régule les fonds de droit français de H2O.

A ce jour, aucun des deux superviseurs n’a confirmé l’ouverture d’une ou de plusieurs enquêtes sur l’affaire. « Il y a forcément une enquête. Les avocats de H2O ne répondent pas point par point à mes questions, afin d’éviter toute prise de position sur des griefs éventuels de l’AMF », assure le conseil de plusieurs clients français du gestionnaire d’actifs.

L’été dernier, ce dernier s’était résolu à suspendre les souscriptions et rachats de plusieurs fonds à la demande de l’AMF, en raison de problèmes de valorisation. Ce gel devait éviter des retraits panique de capitaux. L’opération avait bloqué 10 milliards d’euros d’encours, gérés essentiellement pour des investisseurs individuels.

Se désengager de H2O

Si la majorité des fonds a été débloquée depuis, Natixis a choisi de se désengager de son affilié H2O en novembre dernier. La banque a ensuite annoncé, début 2021, le rachat de ses parts par le management de H2O, emmené par son fondateur, le Français Bruno Crastes.

Le deuxième volet de l’accord initial prévoit que la boutique reprenne en main, d’ici à la fin de l’année, la distribution de ses produits jusque-là assurée par Natixis IM. H2O affiche aujourd’hui 17 milliards d’euros d’actifs, moitié moins qu’à fin 2019.



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