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Finance

Nickel : tensions en Nouvelle-Calédonie pour la reprise de l’usine de Vale



Publié le 13 nov. 2020 à 12:00

Blocages et dégradations. La tension est montée d’un cran ce vendredi en Nouvelle-Calédonie, où la reprise de l’usine de nickel de Vale par un consortium, comprenant notamment le négociant suisse Trafigura , ne passe pas.

« Nous ne voulons pas de Trafigura ici. On ne cédera pas et notre mobilisation va monter en puissance au cours des prochaines semaines », a expliqué à la presse Raphaël Mapou, porte-parole du collectif « Usine du sud : usine pays ».

Des membres de ce collectif ont bloqué les accès à la mine de nickel ainsi qu’à l’usine et à la base vie du site industriel de Vale dans le sud de la Nouvelle Calédonie, a constaté l’AFP, sur place. Le départ du ferry transportant les salariés depuis Nouméa a lui aussi été perturbé après des dégradations.

Intervention des forces de l’ordre

Par la voix d’un communiqué adressé aux salariés, le groupe a fait savoir qu’il ne « se laisserait pas dicter sa conduite par ceux qui utilisent l’intimidation et la violence ». La province Sud a également dénoncé ces dégradations et a « remercié l’Etat pour son action proportionnée et adaptée ». Une soixantaine de gendarmes et de policiers ont permis l’embarquement des salariés vers leur lieu de travail depuis Nouméa.

Le collectif entend poursuivre ses actions de terrain la semaine prochaine. Au programme : un blocage des ports, des ronds points et de l’usine, ainsi qu’« une journée morte le 20 novembre ».

Du nickel pour batteries

Le site de Vale qui emploie directement et indirectement environ 3.000 personnes sur le caillou est menacé de fermeture d’ici la fin de l’année, le géant brésilien cherchant à le vendre. Après l’échec des discussions avec une petite société minière australienne, Vale est entré en négociation avec un consortium pour céder son usine de production de nickel à destination des batteries de voitures électriques.

Ce consortium est composé à 50 % d’intérêts calédoniens (collectivité provinciale, salariés et société civile calédonienne), et à 25 % de la société Trafigura. Les 25 % restant appartiennent une société d’investissement multipartite, pouvant à terme faire entrer au capital des constructeurs automobiles ou fabricants de batteries. Cette proposition est soutenue par l’Etat qui a octroyé un prêt de 200 millions d’euros.

Cristallisation autour de Trafigura

Le collectif « usine du sud : usine pays », soutenu par les indépendantistes du FLNKS, les chefferies kanakes et plusieurs syndicats et associations, s’oppose à cette offre et défend la proposition associant Korea Zinc et la Sofinor, société financière de la province nord de Nouvelle-Calédonie.

« La ressource doit rester la propriété du pays », affirment les partisans de cette offre. C’est la présence de Trafigura qui cristallise l’opposition. Comme ses pairs, le géant suisse du négoce de matières premières a été éclaboussé par de nombreux scandales. Par ailleurs, la reprise de la raffinerie de zinc Nyrstar par Trafigura s’est soldée par un effondrement de la valeur de la société belge sur fond de poursuites judiciaires.



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