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Economie

Nouvelle baisse en trompe-l’œil du nombre de chômeurs en juin


Après une première diminution amorcée au mois de mai, la décrue des demandeurs d’emploi en catégorie A (sans aucune activité) se poursuit en juin. Le nombre d’inscrits dans cette catégorie auprès de Pôle emploi a fondu de 204.700 en juin, soit la baisse la plus importante depuis la création de la série en 1996. Au premier coup d’œil, une telle chute pousserait à se réjouir ; mais la lecture des chiffres du chômage s’avère être une science pleine de subtilité.

Et pour cause, cette tendance est à prendre avec quelques pincettes puisqu’elle résulte d’un effet de bascule entre les différentes catégories de Pôle emploi. Si le nombre de chômeurs diminue en catégorie A, il progresse en revanche de 236.200 pour les catégories B et C, qui recensent les demandeurs d’emploi qui ont travaillé plus ou moins de 78 heures dans le mois. Concrètement, toutes les personnes qui s’étaient retrouvées les mois précédents sans aucune activité et avaient basculé massivement en catégorie A reviennent peu à peu là d’où ils viennent, soit en activité réduite.

La publication des données trimestrielles permet de constater l’étendue des dégâts du confinement et de la paralysie de l’activité économique

Au global, l’effectif des trois principales catégories de Pôle emploi progresse de 31.500 personnes au mois de juin en France métropolitaine. Un rythme moindre que les deux mois précédents, après une hausse de 61.000 en mai et de 209.300 en avril. En d’autres termes, et pour reprendre la fameuse phrase de Nicolas Sarkozy, c’est la «baisse tendancielle de l’augmentation».

Dans le détail de cette hausse contenue des catégories A, B, C, il y a du bon et du moins bon. Du côté du positif, le nombre de sorties connaît une hausse significative avec +132.400 contre +82.800 en mai. Certains chômeurs retrouvent ainsi un emploi, un stage ou une formation. En revanche, le nombre d’entrées est lui aussi en nette hausse (+102.000 après -66 000 en mai). Il s’explique par les retours d’inactivité (fin de formation ou de stage, fin de maladie, recherche d’emploi après une période sans travailler, etc.). «Malgré ces évolutions, les entrées restent supérieures aux sorties, si bien que le nombre d’inscrits dans ces catégories s’accroît de nouveau en juin», précise en ce sens la direction des statistiques du ministère du Travail, la Dares.

5,8 millions de chômeurs

Par ailleurs, la publication des données trimestrielles permet de constater l’étendue des dégâts du confinement et de la paralysie de l’activité économique pendant deux mois sur le front de l’emploi. Les chiffres sont aussi parlants qu’inquiétants… Au deuxième trimestre, soit d’avril à juin, le nombre de demandeurs d’emploi en catégorie A a progressé de 830.900. Soit une hausse de 24,5 % sur un trimestre, du jamais-vu. Là encore, le jeu de vases communicants entre les trois principales catégories de Pôle emploi s’est opéré, puisque les catégories B et C ont diminué de respectivement 15,3 % et 24,7 %. Au final, les effectifs dans les trois premières catégories – et c’est là le véritable indicateur du chômage durant cette période, ou tout du moins le plus probant – ont donc augmenté de 364.700.

Au total, le nombre d’inscrits dans ces trois catégories atteint désormais 5,815 millions, un plus haut niveau historique. Les prochains mois, et la rentrée en particulier, seront déterminants. Ils permettront de juger si le déploiement massif du chômage partiel aura permis de préserver l’emploi et d’éviter des vagues massives de licenciements.

Les augmentations de salaires freinées par la crise

C’est une conséquence qui pourrait paraître logique au vu de l’ampleur de la crise… Près de la moitié des entreprises devraient revoir leur budget concernant les augmentations salariales en 2020, d’après une étude menée par LHH, une division du groupe Adecco. Dans le détail, la crise pousse à une révision pour 46 % des entreprises sondées, un gel des salaires pour 31 % et un report des mesures dans l’année pour 23 %.

Toutefois, elles prévoient davantage de revoir la distribution de l’enveloppe entre les collaborateurs plutôt que de la réduire. Par ailleurs, les enveloppes votées lors de leur négociation annuelle obligatoire pourraient également servir d’indemnisation du télétravail, de chèques-cadeaux ou de primes de transport. Pas certain que cela convienne idéalement aux salariés.

Concernant les entreprises qui conservent une volonté d’augmenter leurs salariés, les niveaux d’augmentation restent similaires à ceux d’avant crise. Selon l’assureur Willis Towers Watson,

qui a analysé les augmentations de salaires de 320 entreprises opérant en France, les revalorisations salariales seront en moyenne de 2,3 % en 2020, contre 2,5 % prévus initialement.



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