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Economie

Olivier Véran confirmé à la tête d’un large ministère allant de la santé aux retraites


Longtemps inconnu au-delà des cénacles santé, Olivier Véran est devenu en trois mois l’une des personnalités politiques préférées des Français: le jeune neurologue grenoblois s’est hissé au hit-parade des personnalités politiques les plus populaires… Deux points derrière Nicolas Sarkozy, dans le dernier baromètre Kantar-OnePoint du Figaro Magazine. Au sein du gouvernement, seul Bruno Le Maire faisait mieux, mais il arrivait devant Le Drian, Darmanin ou Blanquer… N’arrivant qu’en 12e place du gouvernement, il conserve cependant son large ministère social allant de la santé aux retraites en passant par la lutte contre la pauvreté. Il sera épaulé par la députée LREM Brigitte Bourguignon, ex-présidente de la commission des affaires sociales, qui devient ministre déléguée à l’autonomie.

Nommé ministre de la Santé et des solidarités en février, à même pas 40 ans, après le départ précipité d’Agnès Buzyn pour les municipales, il a endossé le costume en un temps record. Quand le tsunami du coronavirus s’abat, il tient la barre, gérant la polémique sur les masques et les tests de dépistage, l’organisation des hôpitaux, le débat sur l’hydroxychloroquine et le traçage des patients COVID etc. Cela ne l’empêche pas d’être visé par une plainte auprès de la Cour de justice de la République pour «abstention de combattre un sinistre» (ce qui lui vaudrait en théorie 2 ans de prison et 30.000€ d’amende si la peine était prononcée), tout comme Édouard Philippe et Agnès Buzyn.

Infatigable, ce père de deux enfants, est sur tous les fronts. Le déconfinement à peine amorcé, il annonce la création d’une cinquième branche de la Sécurité Sociale pour financer la dépendance des personnes âgées. Puis il engage le «Ségur de la Santé» pour revaloriser les rémunérations des soignants et donner corps à la promesse présidentielle d’un «plan massif pour la santé». Avec la volonté d’éteindre l’incendie qui couve depuis 18 mois à l’hôpital public. Jugé «direct», «accessible», «efficace» par les milieux médicaux qui le connaissent de longue date, son profil mêlant préoccupation sociale et souci des dépenses publiques est un atout pour faire aboutir ces négociations difficiles.

Fils d’un ingénieur en informatique et d’une enseignante d’anglais, il s’est imposé par sa très bonne maîtrise de dossiers techniques et un vrai sens politique. «Olivier Véran était une évidence pour tout le monde, il avait déjà été pressenti comme ministre en 2017, il connaissait tous les dossiers, il était à toutes les réunions, je l’avais tout le temps au téléphone, il connaît le ministère comme sa poche», a déclaré Agnès Buzyn elle-même, lors de son audition par la commission d’enquête sur le COVID. Travailleur, déterminé, prêt à se battre et tenir tête à l’exécutif pour obtenir ses arbitrages, le jeune homme pressé n’est pas arrivé là par hasard. L’ancien organisateur des fêtes des étudiants en médecine, a très vite attrapé le virus de la politique, comme président du syndicat des internes d’abord, avant de devenir député socialiste en 2012 à la faveur de la nomination au ministère de la recherche de Geneviève Fioraso, dont il était le suppléant. Il est nommé rapporteur du budget de la Sécurité Sociale en 2014 et du projet de loi santé de Marisol Touraine la même année. Le jeune député PS remet un rapport remarqué sur le financement de l’hôpital (où il fait une critique nuancée de la tarification à l’activité). Mobilisé contre les troubles nutritionnels, il impose la «taxe soda» et rend obligatoire l’affichage du «Nutriscore» dans l’agroalimentaire.

En 2017, il nourrit le programme de campagne d’Emmanuel Macron sur la santé, et est réélu député de l’Isère sous l’étiquette En Marche. Bon technicien, réfléchissant vite, connaissant les arcanes du pouvoir, il s’impose comme un poids lourd face aux députés macroniens néophytes. Il prend vite des responsabilités au sein du groupe: rapporteur du budget de la Sécurité Sociale, mais aussi d’une partie de la loi bioéthique et du projet de loi organique sur la réforme des retraites. C’est aussi là que, alors marié à une médecin gynécologue-obstétrique de Grenoble, il rencontre celle qui partage désormais sa vie, la députée LREM de l’Hérault Coralie Dubost, comme il l’a révélé dans Paris Match. Ses (rares) détracteurs le jugeaient «incontrôlable» avec un côté «jeune chien fou». Sa liberté de ton et son énergie se sont révélées payantes.



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