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Economie

«On s’attend à une augmentation du chômage, on ne va pas se mentir», prévient Agnès Pannier-Runacher


«Les indicateurs sont au vert mais l’ennemi, il est tapi». Invitée ce vendredi matin sur le plateau de BFMTV-RMC, la secrétaire d’État à l’Économie Agnès Pannier-Runacher s’est prononcée en faveur d’une accélération – prudente – du déconfinement pour relancer l’économie, face à la menace toujours présente du coronavirus. Une relance qui aura notamment pour objectif que l’Île-de-France, toujours en «zone orange», passe au vert.

Car les restaurateurs de la région, qui ne peuvent actuellement rouvrir que leurs terrasses, tirent la sonnette d’alarme. «On est à leur côté, on a un plan de soutien sans égal, a affirmé Agnès Pannier-Runacher. Les commerçants en sont les premiers bénéficiaires. Les restaurateurs bénéficient du chômage partiel jusqu’à la fin de l’année. La livraison à domicile est également un complément de chiffre d’affaires, et il faut que cela continue».

Quand sera donc annoncée une date de reprise? «Dans les prochaines heures, a éludé la secrétaire d’État. Peut-être dans les quarante-huit, dans les soixante-douze heures…» Le président de la République doit s’exprimer devant la nation dimanche. Une allocution durant laquelle Emmanuel Macron pourrait évoquer l’avenir, ou l’abandon, de la réforme des retraites, complètement mise de côté durant la crise sanitaire. «Il va falloir arbitrer, a encore louvoyé Agnès Pannier-Runacher. Moi, je ne sais pas (si elle sera abandonnée), et je suis très à l’aise pour vous le dire».

Risque de «déclassement»

Pour inciter les entreprises à accélérer la reprise, le gouvernement prévoit de limiter le recours au chômage partiel, qui a été massif depuis le début de la crise économique et sanitaire. L’État va progressivement réduire sa participation à ce dispositif. Depuis le 1er juin, déjà, les employeurs ne sont plus remboursés qu’à 85%, tandis que les salariés perçoivent en revanche toujours 84% de leur salaire net.

La reprise ne pourra en revanche pas éponger tous les dégâts d’une période prolongée d’arrêt de l’économie. Dans les mois à venir, «on s’attend à une augmentation du chômage, on ne va pas se mentir, a concédé Agnès Pannier-Runacher. J’appelle les entreprises à accélérer, sinon nous serons déclassés par rapport à des pays comme l’Allemagne» où l’activité industrielle a repris de manière plus dynamique.

Renault «au bord du gouffre»

Parmi les industries sinistrées par la crise sanitaire, Renault est au premier plan. Le fleuron français de l’automobile s’engage dans un plan d’économies qui porte sur deux milliards d’euros sur trois ans, soit une réduction de 20% de ses coûts fixes. Sous la pression du gouvernement, la marque a renoncé à des licenciements secs. La fermeture de certains sites reste, en revanche, une option sur la table: «c’est à Renault de le décider avec les organisations syndicales. Je laisse le dialogue social se mettre en place, s’est contenté de commenter Agnès Pannier-Runacher. Renault est au bord du gouffre, on peut être dans le déni ou alors on regarde comment donner un avenir aux salariés».

Une priorité affichée à l’emploi qui vaut aussi pour Amazon, alors que des députés ont déposé une proposition de loi visant à instaurer un moratoire de deux ans sur l’implantation d’entrepôts liés au commerce en ligne. «Pour le moment, je n’ai pas la clarté totale sur ce dossier, je ne sais pas si un entrepôt détruirait plus d’emplois qu’il n’en créerait. J’attends une note, lundi, qui fasse le point sur ce sujet», indique Agnès Pannier-Runacher, soulignant qu’Amazon pourrait choisir de s’installer dans un pays limitrophe si la France lui était refusée. «La question, c’est: est-ce que ça crée de l’emploi, oui ou non?»



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