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Finance

Ostrum AM poursuit sa transformation



Le projet de constitution d’un spécialiste de la gestion taux de long terme prend forme. Ostrum AM, filiale de Natixis Investment Managers (NIM), va devenir un acteur majeur du secteur avec 415 milliards d’euros d’encours, contre 250 au 31 mars. La société va intégrer d’ici à la fin de l’année la majorité des activités de gestion obligataire de La Banque Postale Asset Management, soit 150 milliards d’euros d’actifs, en échange d’une participation de 45 % à son capital. « C’est un projet industriel majeur qui voit le jour avec le soutien de deux grands groupes bancaires », se félicite Philippe Setbon, arrivé il y a quelques mois à la tête d’Ostrum pour mener à bien cette opération.

Diversifier la base de clients

L’ ambition d’Ostrum est claire : « Nous voulons devenir l’un des leaders du marché européen de la gestion institutionnelle de long terme », insiste Philippe Setbon, qui travaille sur un nouveau plan stratégique pour l’année prochaine. Ses cibles prioritaires ? Les assureurs, les fonds de pension mais aussi les entreprises devant gérer des engagements de long terme significatifs. La société de gestion veut se diversifier au-delà de ses grands clients , CNP Assurances (filiale de La Poste) et Natixis Assurances, issus des mêmes groupes.

La gestion obligataire de long terme – l’essentiel des encours d’Ostrum – doit à la fois lutter contre la montée en puissance de la gestion passive et s’adapter à des taux d’intérêt extrêmement bas. Dans ce marché très concurrentiel, aux marges réduites, le prix devient déterminant pour les investisseurs. « Nous serons en mesure d’offrir parmi les meilleurs prix du marché », assure Philippe Setbon.

Ce qui n’empêche pas Ostrum de viser une amélioration d’environ 15 points de son ratio d’exploitation, grâce à des synergies en informatique et à la rationalisation de sa gamme de fonds d’ici la fin 2021. « Pour répondre à l’évolution de la réglementation et réduire les risques opérationnels tout en continuant à développer l’automatisation, des investissements importants et récurrents sont nécessaires, et nous avons désormais la taille pour les assumer », explique-t-il.

Transferts de personnel

En quelques années, Ostrum AM se sera largement transformé. La société, ex-Natixis AM, a déjà vu plusieurs équipes de gestion prendre leur autonomie : Seeyond en gestion quantitative et Mirova dans la gestion responsable. Ces dernières années, elle a également transféré du personnel à sa maison mère Natixis IM et supprimé plusieurs dizaines de postes . Elle verra encore plusieurs dizaines d’employés passer chez d’autres affiliés de NIM, en parallèle de 12,5 milliards d’euros d’encours investis en actions, convertibles et actifs réels. A l’inverse, plus d’une centaine d’employés actuels de LBPAM vont rejoindre la société. De 320 personnes aujourd’hui, Ostrum devrait compter environ 385 employés à l’issue de l’opération.

Ostrum s’appuiera sur l’expertise ESG de LBPAM

La prise en compte de critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) dans la gestion financière est désormais incontournable, particulièrement lorsqu’il s’agit de répondre aux demandes des investisseurs institutionnels. Ostrum compte labelliser l’ensemble de ses fonds ouverts au cours des mois suivants. La société de gestion fera également appel à l’outil de notation ESG de LBPAM, qui passe plus de 9.000 entreprises au crible. La filiale de La Banque Postale envisage par ailleurs de développer ce service auprès d’autres gérants et investisseurs.

Ces transferts concernent des gérants taux, mais également des employés rattachés aux activités de middle et de back office, que LBPAM compte sous-traiter à Ostrum à l’avenir. La société souhaite en effet développer la prestation de service pour les investisseurs et gérants d’actifs. D’autres affiliés de Natixis font déjà appel à la société pour la gestion des risques, la comptabilité et l’administration de fonds ou encore pour réaliser et automatiser le reporting, client ou réglementaire. De quoi générer environ un quart des revenus d’Ostrum.

Sur ce marché, le groupe affronte des concurrents de poids comme BlackRock et sa plate-forme Aladdin ou Amundi Services. « Chaque client a des besoins uniques », selon Philippe Setbon, qui veut proposer du « sur-mesure » pour se différencier. Il estime néanmoins nécessaire d’industrialiser ces activités pour rester compétitif. Jusqu’à proposer du tout compris avec le passage des ordres d’achats et de vente, assuré par une autre filiale de Natixis, Namfi.

À noter

La gouvernance d’Ostrum va évoluer pour refléter la participation de 45 % de LBPAM au capital, ce qui lui donnera le droit de proposer un directeur délégué. Mathieu Cheula, actuellement chargé de l’informatique et des opérations au sein du directoire de LBPAM, sera le premier à occuper ce poste. Il rejoindra Ostrum cet automne.



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