Image default
Economie

Pénurie de matériaux et flambée des prix inquiètent le secteur du bâtiment


Crise sanitaire, augmentation du prix du fret maritime, politique de Donald Trump… Les causes sont multiples.

Si vous prévoyiez de faire construire votre maison dans les mois à venir, la situation n’est pas idéale. Depuis plusieurs semaines, certains matériaux se font rares ce qui entraîne une hausse de leur prix, à l’image de l’acier dont le coût a augmenté de +30% ces six derniers mois. Un constat inquiétant pour les différents acteurs du secteur du bâtiment.

«Il s’agit une période d’anxiété très forte. Ce n’est pas facile pour les chefs d’entreprise, qui risquent de voir s’arrêter certains chantiers faute de matériaux. Ce serait un comble puisque tous les chantiers sont ouverts et bossent à 100%» déclare Olivier Salleron, président de la Fédération française du bâtiment (FFB).

Les prix de certains matériaux flambent, comme le cuivre ou l’acier, mais c’est notamment l’envolée du prix du bois de structure qui semble inquiéter Oliver Salleron. «Sur le bois de construction de maison, on est à 200-250% d’augmentation. C’est une flambée des prix et bientôt une pénurie».

Des filières d’approvisionnement désorganisées

Plusieurs facteurs semblent être à l’origine de cette hausse des prix. La crise sanitaire a désorganisé les différentes filières d’approvisionnement. Le redémarrage soudain de l’activité des chantiers en début d’année a contraint les entreprises à se fournir en matériau là où la production avait repris, entraînant ainsi une hausse des prix. Autre facteur, la politique de Donald Trump. L’ancien président avait fortement taxé le bois canadien, ce qui pousse désormais les entreprises américaines à se tourner vers le bois européen, en l’achetant à un prix beaucoup plus élevé. À cela s’ajoute la ruée vers les stocks de matériaux, pourtant limités, des États-Unis mais aussi de la Chine, en raison de leur forte croissance économique sur la fin de l’année 2020.

Cette situation s’explique également par l’augmentation du prix du fret maritime, c’est-à-dire les frais de transport de marchandises, à hauteur de +400% pour les conteneurs. Cette hausse explosive des frais est en lien avec l’embouteillage au canal de Suez, causé par l’échouage du porte-conteneurs Ever Given.

La pénurie ainsi que la hausse des prix qui l’accompagne se font déjà ressentir chez certaines entreprises, comme le confie Denys Frémont, qui dirige ID Construction, une entreprise générale de bâtiment dans le Val d’Oise. «C’est la catastrophe sur beaucoup de sujets. Toute la ferraille pour le béton armé a pris +30% d’augmentation. On n’est pas en rupture de stock mais on est livrés au compte-gouttes».

Autre souci majeur, les problèmes liés à la lenteur des délais. «Auparavant pour la plaque de plâtre, on était livrés en 3-5 jours, maintenant il faut attendre 15 jours voire 3 semaines. Pour un autre gros chantier, j’ai fait une commande de laine de bois auprès d’un fabricant. Il nous a annoncé des délais de 4 mois, contre 4 à 8 semaines habituellement, ce qui n’était pas possible avec l’avancement du chantier. Je me suis donc rabattu sur un autre fournisseur qui en avait en stock, mais j’ai dû payer 20% plus cher». Si la situation persiste, les entreprises risquent donc de subir une double peine : à la fois une augmentation du coût des matériaux, mais aussi le risque de subir une pénalité de retard de la part des clients.

Pas de retour à la normale avant 6 mois

Pour remédier à ces problèmes, la FFB a écrit au ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, et lui a demandé «d’actualiser les prix à la hausse ou à la baisse suivant la fluctuation des prix des matériaux dans les mois qui viennent». Aussi, et surtout, de «geler les pénalités en cas de pénurie de matériaux avérée», pour éviter que les entreprises ne soient pénalisées par des sanctions de la part de leurs clients.

Ce qui est certain, c’est qu’il faudra faire preuve de patience avant un retour à la normale, qui ne se fera pas avant plusieurs mois comme l’explique Olivier Salleron. «On espère que ça va se stabiliser de nouveau dans 6 mois, le temps que les chaînes de production soient remises à 100%. Il faudra trouver des solutions au niveau du gouvernement français mais surtout au niveau européen».



Source link

Autres articles

L’amendement anti-squatteur, une mesure à saluer qui mériterait encore quelques améliorations

administrateur

Les épiciers de quartier pris à la gorge par le couvre-feu à 18 heures

administrateur

Plus de 300 discothèques ont mis la clef sous la porte à cause du coronavirus, selon la profession

administrateur

Chute historique du nombre de logements autorisés en France

administrateur

pourquoi les coiffeurs ont augmenté leurs prix

administrateur

comment Wikipédia se protège de la désinformation

administrateur