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Finance

Pétrole : l’Opep et la Russie commencent à rouvrir les vannes



Publié le 1 avr. 2021 à 18:57Mis à jour le 1 avr. 2021 à 19:17

Prudemment, les grands pays producteurs de pétrole commencent à rouvrir le robinet. Les treize pays de l’Opep et leurs dix alliés menés par la Russie ont annoncé, jeudi, qu’ils augmenteraient leur production quotidienne de quelque 350.000 barils à partir du 1er mai. Des augmentations du même ordre sont programmées en juin et juillet.

L’Arabie saoudite, troisième producteur et premier exportateur mondial, va par ailleurs relever ses volumes, qu’elle avait volontairement réduits d’un million de barils, en sus des quotas. Le baril de brent s’appréciait de 1,3 %, à 63,50 dollars, peu après à la fin du sommet réunissant en visioconférence les 23 pays qui assurent près de la moitié de l’offre mondiale.

Evolution de la crise sanitaire

Le cartel et ses alliés actent ainsi une sortie de crise progressive. L’année dernière, ils avaient réduit leur production dans des proportions sans précédent, pour soutenir les cours du brut envoyés au tapis par la crise sanitaire . Ils avaient accepté de retirer près de 10 millions de barils quotidiens du marché, soit environ 10 % de l’offre mondiale. L’impact sur les cours a été massif : le prix du baril est remonté au-dessus de son niveau d’avant-crise .

Ces quotas historiques ont été progressivement réduits au fur et à mesure que les cours reprenaient de la vigueur, mais ils sont encore très élevés, à environ 7 millions de barils par jour. L’augmentation de production annoncée jeudi reste donc modérée, témoignant de la prudence des alliés face à l’évolution de la crise sanitaire.

Pas encore de retour à la normale

Le retour à une consommation normale de pétrole « est loin d’être complet », a souligné jeudi Abdelaziz ben Salmane, le ministre saoudien de l’Energie. Le prince a évoqué en particulier la troisième vague du Covid qui frappe l’Europe et qui se traduit par une poursuite des restrictions dans les déplacements . De quoi peser, toujours, sur la demande de carburants.

En décidant de rouvrir les vannes le mois prochain, l’Opep et ses alliés répondent à une pression à la fois interne et externe. Plusieurs membres de l’alliance veulent augmenter leur production, à commencer par la puissante Russie, deuxième producteur mondial, qui peut se satisfaire de cours moins élevés que l’Arabie saoudite. « Pour l’Arabie saoudite et les autres pays de l’Opep, il est crucial de garder la Russie au sein de l’alliance, quitte à lâcher un peu de lest », décrypte Francis Perrin, directeur de recherche à l’Institut de relations internationales et stratégiques.

La pression de Washington

La pression vient aussi d’un pays qui n’est pas membre de l’alliance, mais qui pèse de tout son poids : les Etats-Unis. Washington s’inquiète d’une hausse trop importante des cours du brut, d’autant que le plan de relance géant lancé par la Maison-Blanche risque de faire repartir en flèche la demande d’hydrocarbures.

C’est pourquoi la nouvelle secrétaire d’Etat à l’Energie nommée par Joe Biden, Jennifer Granholm, a appelé son homologue saoudien avant la réunion de jeudi. Et elle l’a fait savoir, soulignant l’importance d’une « énergie abordable ».

« Ce genre d’intervention de Washington auprès de son allié saoudien est fréquent, relève Francis Perrin. Elle a forcément un impact car la priorité de Riyad est de conserver une bonne relation avec les Etats-Unis, ce qui n’est pas gagné d’avance avec la nouvelle administration Biden. »



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