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Economie

plongeon historique du PIB au deuxième trimestre


Près de dix ans de croissance effacés en quelques mois. L’Allemagne affiche au deuxième trimestre un plongeon historique de 10,1 % de son activité, après un recul de 2 % au premier trimestre.

C’est la plus forte chute depuis le début de la publication des calculs sur le PIB, en 1970, précise l’institut statistique national Destatis. Déjà en petite forme à la fin de l’année dernière, l’économie allemande a subi un choc massif. Le confinement décrété pour ralentir la propagation du Covid-19 a paralysé la production dans de nombreux secteurs, ralenti les échanges et bridé la consommation. L’industrie allemande, fortement exportatrice, déjà en souffrance avant la pandémie en raison des tensions commerciales internationales, a été frappée de plein fouet.

En avril, la production manufacturière a chuté de 17,9 % ; les commandes à l’industrie ont fléchi de 25,8 % et les exportations se sont effondrées de 31,1 %. Le tourisme et l’aviation ont eux aussi été durablement touchés : les champions nationaux TUI et Lufthansa ont dû appeler l’État à la rescousse et ont annoncé plusieurs milliers de suppressions d’emplois. À cela s’ajoute désormais le spectre de la déflation, les prix ayant baissé en juillet pour la première fois depuis 2016, à – 0,1 %, selon des chiffres officiels provisoires publiés jeudi.

Cette récession, la plus forte de l’histoire, aura aussi sans doute été la plus courte

Moritz Degler, économiste à Oxford Economics

Pourtant, ce tableau n’est pas entièrement sombre. « L’Allemagne n’a pas été impactée autant par la pandémie et a mis en place un confinement moins strict que la France, l’Espagne ou l’Italie, relativise Moritz Degler, économiste à Oxford Economics. Et cette récession, la plus forte de l’histoire, aura aussi sans doute été la plus courte. Dès mai, on constate une forte reprise de l’activité. Le pire chiffre du deuxième trimestre pourrait être suivi par le meilleur au troisième trimestre. » L’activité pourrait mécaniquement rebondir de 9 % environ sur les trois mois en cours, selon les économistes.

Sur l’année, le gouvernement de Berlin mise sur un recul du PIB de 6,3 %, nettement moins prononcé que ceux de la France, de l’Espagne ou de l’Italie, attendus à ­environ – 10 %.

Plan de relance massif

Les dégâts pour l’économie allemande ont été amortis par un plan de relance national massif de 130 milliards d’euros, sans comparaison jusqu’ici en Europe. Il comprend notamment une baisse de la TVA jusqu’à la fin de l’année pour relancer la consommation. Le pays bénéficiera aussi du plan de relance européen négocié par les Vingt-Sept. « Je suis persuadé qu’avec la mise en œuvre de ce plan l’Allemagne connaîtra une croissance durable en 2021 et en 2022 », rassure le ministre de l’Économie, Peter Altmaier. Berlin prévoit un rebond de la croissance de 5,2 % en 2021. Le retour au niveau d’activité d’avant la crise n’est cependant pas prévu avant la fin de ­l’année prochaine. De plus, la production industrielle risque de con­tinuer à subir le contrecoup durable de la baisse des échanges commerciaux internationaux.

Sur le front de l’emploi, le chômage s’est maintenu à un niveau stable en juillet, par rapport à juin, de 6,4 % de la population active.



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