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Finance

Plus de 1.600 distributeurs de billets ont été fermés en 2020



Publié le 16 juil. 2021 à 11:07

La crise sanitaire n’a en rien arrêté le mouvement. Les banques ont poursuivi, tout au long de l’année 2020, les efforts de rationalisation de leurs parcs de distributeurs automatiques de billets (DAB).

Les autorités, qui surveillent cette donnée comme le lait sur le feu , dénombraient 48.710 distributeurs sur le territoire à fin 2020, soit 1.600 machines de moins en douze mois à peine (-3,2 %). Sur deux ans, ce sont 3.741 distributeurs qui ont ainsi été mis hors service, soit tout de même 7,1 % du parc depuis la fin 2018.

C’est ce qui ressort d’un état des lieux actualisé, publié vendredi matin par la Banque de France. L’exercice – une cartographie des DAB et des commerces permettant le retrait d’espèces en France – avait été mené une première fois en juillet 2019, dans le sillage de la crise des gilets jaunes.

Equipement public

Cette crise sociale avait mis sur le devant de la scène le sujet des services de proximité et d’aménagement du territoire.

Autre donnée parlante de cet état de lieux, 58 communes ont vu disparaître leur dernier DAB en 2020, pendant que 31 voyaient au contraire s’implanter un nouveau distributeur. Au total, à fin 2020, ce sont 6.545 communes (-0,2 % sur un an) qui disposaient donc d’une telle machine, parfois perçue comme un équipement public.

Pour autant, le groupe de travail sur l’accessibilité aux espèces, à l’origine de ce rapport, se refuse à tirer la sonnette d’alarme. « Cette actualisation confirme le maintien d’une très bonne accessibilité aux espèces sur le territoire », écrivent les auteurs. «Le maillage du territoire est globalement inchangé d’une année sur l’autre», insiste le ministère de l’économie et des finances, dans un communiqué publié vendredi.

Tout d’abord parce que la majorité des automates fermés (environ 1.100 machines) en 2020 étaient situés dans des communes comptant au moins 10.000 habitants. La diminution « est concentrée sur les communes les plus peuplées et les mieux pourvues », souligne ainsi le document.

Quinze minutes de trajet

« Les fermetures de DAB ont lieu dans leur immense majorité dans les zones où il y a plusieurs distributeurs. Ainsi, la « respiration » du réseau de DAB suit naturellement l’évolution de la société », a réagi la Fédération bancaire française (FBF).

Ensuite parce que l’accès aux DAB reste excellent, selon les critères retenus par le groupe de travail : à ses yeux, 99,2 % des Français peuvent accéder en quinze minutes (ou moins) à un distributeur, une proportion stable depuis deux ans.

Cela s’explique par le maillage en DAB, qui reste malgré tout important. Mais la méthode retenue par la Banque de France joue aussi. Par exemple, les temps et distances pris pour référence ne tiennent pas compte de la localisation exacte du distributeur au sein de la ville ou du temps parfois nécessaire pour se garer. Ni du fait que tout le monde ne peut pas se déplacer en voiture.

Enfin, la crise du Covid a ralenti l’usage du cash et limité le nombre de retraits : le nombre de DAB par million de retraits (indicateur permettant de voir si le parc de DAB est suffisant), affiche même une très légère amélioration d’une année sur l’autre.

Des espèces dans les commerces

Ainsi, expliquent les banques, « la délivrance d’espèces s’adapte à l’évolution des pratiques des Français […] Les retraits effectués par les Français ont chuté de 15 % en valeur à compter de mars 2020, là où l’utilisation de la carte bancaire sans contact a explosé (+86 %), avec le relèvement du plafond de 30 à 50 euros, à partir du 11 mai 2020 ».

Autre facteur d’optimisme aux yeux de la Banque de France : si le nombre de DAB diminue, celui des « points d’accès privatifs », c’est-à-dire les commerces permettant de retirer des espèces, a fortement progressé en 2019 (+10 % cette année-là), avant de se stabiliser un peu au-dessus de 25.000 points de retraits.

Reste que là non plus, il ne s’agit pas forcément d’une solution idéale : notamment, le client reste tributaire des horaires d’ouverture, et pendant le confinement certains de ces commerces étaient tout simplement fermés.

De nouveaux modèles économiques

Les banques sont engagées depuis plusieurs années dans une réduction de leur parc d’automates.

En particulier, les machines les plus isolées sont à la fois plus onéreuses à alimenter et, étant moins utilisées, moins génératrices de commissions (lorsque le DAB d’un réseau est utilisé par le client d’un réseau concurrent).

Au fil du temps – outre la fermeture pure et simple -, de nouvelles solutions sont expérimentées. Dans certains villages, la mairie prend ainsi à sa charge les frais liés au distributeur.

Les transporteurs de fonds – comme Loomis – tentent aussi de se diversifier, en proposant aux communes d’installer un automate. Début 2020, enfin, les banques avaient consenti une hausse de la commission qu’elles se prélèvent mutuellement sur chaque retrait au distributeur. Cette commission interbancaire de retrait (CIR) était passée l’an dernier de 57 centimes à 89 centimes pour chaque retrait.



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