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Economie

Plus de 215.000 emplois ont été détruits au second trimestre


Mauvaise nouvelle sur le front de l’emploi. Selon les dernières données publiées ce mardi 8 septembre par l’Insee et l’Acoss (l’Agence centrale des organismes de sécurité sociale), les destructions de postes se sont multipliées au second trimestre. De fin mars à fin juin inclus, l’emploi salarié a de nouveau reculé, de 0,9%, représentant 215.200 destructions nettes de postes. L’emploi salarié retrouve donc son niveau de «fin mars 2017», indique la note.

Contrairement au premier trimestre, cette fois-ci, les destructions d’emplois ont impacté le secteur privé (158.200 destructions nettes) comme le public (57.100 destructions nettes). Au total, «sur un an, l’emploi salarié chute de 572.900», résume l’Insee, dont près de 90% dans le privé. De fait, en un semestre seulement, deux ans de créations d’emplois ont été annulés.

Bonne nouvelle toutefois, l’intérim a nettement rebondi : après une chute historique de 40% au premier trimestre, il grimpe de 23%, entraînant la création de 108.100 emplois. L’intérim progresse notamment dans la construction (+85,2%), l’industrie (+14%) et le tertiaire (+12,7%). Il ne retrouve pas encore son niveau d’avant-crise, précise la Dares.

Au premier trimestre, les statisticiens nationaux avaient déjà rapporté des chiffres inquiétants, montrant une chute de l’emploi salarié de 2%, équivalente à 499.700 destructions nettes d’emplois par rapport à la fin de l’année dernière. Cette décrue s’était focalisée sur le secteur privé et avait été grandement influencée par des destructions exceptionnellement élevées de postes dans l’intérim, qui avait perdu 318.000 emplois sur un trimestre. Marqué par cette baisse, « la plus importante de la série trimestrielle d’emploi intérimaire » depuis 1990, le champ avait retrouvé son niveau d’il y a plus de dix ans.

En outre, le recul de l’emploi se voyait dans tous les secteurs, qu’il s’agisse de l’industrie (-0,4%), la construction (-0,4%), le secteur marchand (-3,7%) ou les services non marchands (-0,2%). Au second trimestre, la baisse touche à nouveau tous les domaines : l’emploi industriel recule de 0,9%, de même que les services marchands et les services non marchands. Seule la construction se stabilise.

Évolution des créations trimestrielles d’emplois depuis 2011 Le Figaro

Une année 2020 difficile sur le front de l’emploi

Cette année devrait être marquée par un bilan sombre pour l’emploi, selon les projections de plusieurs institutions. En juin dernier, la Banque de France estimait qu’à la fin de l’année, le «niveau de l’emploi serait inférieur de presque 1 million au niveau atteint fin 2019», atteignant 579.000 emplois détruits au premier semestre 2020 et 401.000 au second semestre. De son côté, l’Unédic tablait plutôt sur «900.000 emplois salariés détruits» en un an. Dans le dernier projet de loi de finances rectificative, Bercy chiffrait le recul de l’emploi total à -2,8%, soit 800.000 emplois nets en moins sur l’année. Malgré le rebond de l’activité depuis le déconfinement, le chômage devrait grimper en flèche ces prochains mois.

L’année 2021 devrait se révéler plus porteuse : la Banque de France prévoit un taux de chômage qui atteindrait un pic de 11,8% sur le premier semestre puis descendrait progressivement jusqu’à 9,7% fin 2022. La croissance devrait elle aussi rebondir de près de 7% l’an prochain, après une chute de 10,3% cette année. Bercy s’attend à une remontée du PIB de 8%, «hors effet du plan de relance», mais cette prévision n’est pas définitive. Le gouvernement espère de son côté que le plan France Relance permettra d’entraîner la création d’au moins 160.000 postes l’an prochain, s’ajoutant aux 200.000 créations d’emplois entraînées par le rebond de la croissance. Mais tout dépendra de la situation sanitaire et du comportement des différents acteurs économiques, dont les ménages, encore très prudents sur leur épargne.



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