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Economie

Plus de deux tiers des Français craignent une baisse de leur niveau de vie


Le confinement a mis un sacré coup au moral des décideurs. Alors que les plans de relance se multiplient, en France et dans toute l’Europe, les cadres interrogés pour le traditionnel baromètre Viavoice pour HEC, Le Figaro et BFM Business ne font pas preuve d’un d’optimisme béat. Ainsi l’indice du moral des décideurs a atteint -43 ces dernières semaines, son plus bas depuis fin 2014 alors qu’il était en augmentation constante entre 2013 et 2019, atteignant son plus haut niveau début 2017, juste avant l’élection d’Emmanuel Macron.

Dans le détail, cet indice prend en compte plusieurs indicateurs basés sur les réponses d’un panel 401 décideurs «représentatifs de la population des cadres résidant en France métropolitaine» concernant le chômage, le niveau de vie ou la motivation des collaborateurs. L’indice a été en chute libre pendant toute la durée du confinement, pour atteindre son plus bas à -43 en mai, avant de se stabiliser à -42 en juillet.

Crainte d’une baisse du niveau de vie

Concernant le niveau de vie en France, les décideurs sont 71 % à estimer qu’il va se dégrader dans les mois à venir, contre 18 % seulement à penser qu’il s’améliorera. À titre de comparaison il y a un an, ils étaient 27% à estimer que le niveau de vie s’améliorerait, contre 34% seulement à imaginer qu’il se dégraderait. Juste avant le confinement en janvier, alors que le coronavirus n’avait pas encore officiellement atteint l’Europe mais que les grèves et manifestations contre la réforme des retraites se poursuivaient en France, les décideurs commençaient déjà à se montrer pessimistes (56% d’entre eux voyaient le niveau de vie se dégrader dans les mois à venir).

En comparaison, la population générale, d’habitude plus pessimiste sur la situation financière globale, atteint des niveaux à peu près équivalents à ceux des décideurs depuis le début de la pandémie. Le pessimisme est en effet de mise, avec 17% seulement du panel estimant que la situation irait en s’améliorant, contre 70% s’inquiétant des temps à venir.

Concernant le chômage, l’écart entre les décideurs optimistes et pessimistes est encore plus marqué. Ils n’étaient en effet que 6% en mai et 10% en juillet à imaginer que le chômage allait diminuer dans les mois à venir. À l’inverse, ils étaient 89% en mai, et 80% aujourd’hui, à imaginer que la situation se dégraderait sur le front de l’emploi. Dans la population générale, les chiffres sont à peu près équivalents, avec 89% de la population pessimiste sur la question de l’emploi, contre 9% d’optimistes seulement.

Les décideurs étaient ensuite invités à estimer si leurs propres ressources financières allaient être impactées, positivement ou non, par la crise actuelle. Alors qu’en janvier dernier ils étaient 30% à envisager une revalorisation salariale, ce chiffre a fondu pour atteindre 12% en mai et 16% en juillet. À l’inverse, ils sont 45% à craindre une baisse de salaire, un chiffre qui a déjà bien baissé depuis le début de la pandémie, puisqu’il était de 53% en mars. Dans la population générale, ils sont 16% également à croire à une augmentation, contre 53% à craindre une baisse de salaire.

La motivation au rendez-vous

Si les cadres craignent pour leur avenir, ces préoccupations ne semblent pas entacher leur motivation au travail, ni celle de leurs collègues. Ainsi par exemple, ils sont 51% à estimer que leurs collaborateurs sont «actuellement motivés», contre 39% seulement en novembre. Inversement, 44% des cadres interrogés estiment que leurs collègues ne sont pas motivés, contre 57% en novembre dernier. Dans la population générale, on remarque le même regain d’entrain, avec 43% de «motivés» en juillet, contre 31% en septembre.

Enfin contre toute attente, les perspectives de carrière n’ont pas vraiment été impactées par la crise, même si elles étaient déjà moroses avant le mois de mars. Elles suivent le même encéphalogramme plat depuis un an, avec 77% de cadres estimant que «les opportunités pour faire progresser votre carrière dans les mois qui viennent» sont faibles, pour 19% seulement qui les estiment «importantes». Dans la population générale, même constat, avec respectivement 74% et 19%.



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