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Economie

plus les revenus sont élevés, plus le taux de vaccination est fort, selon une étude


Fracture numérique, difficultés pour lire ou se rendre jusqu’au vaccinodrome… L’accès au vaccin peut s’avérer difficile pour une partie de la population française.

Alors que le pass sanitaire sera bientôt nécessaire pour de plus en plus d’activités, 39% de la population française a un schéma vaccinal complet et 52,4% des Français ont reçu une première dose de vaccin. Il reste encore de nombreux Français qui n’ont pas franchi le pas. Florence Débarre, chargée de recherche CNRS affectée à l’Institut d’écologie et des sciences de l’environnement de Paris, a croisé pour chaque commune d’Île-de-France, d’Auvergne Rhône-Alpes et de Provence Alpes Côte d’Azur le taux de vaccination avec le revenu médian par habitant. L’objectif étant de comprendre s’il existe bel et bien une corrélation entre les revenus et le taux de vaccination.

La ville de Neuilly-sur-Seine qui a le revenu médian le plus élevé présente un fort taux de vaccination. Crédit : Florence Débarre, chargée de recherche CNRS affectée à l’Institut d’écologie et des sciences de l’environnement de Paris

« Dans les communes où le revenu médian est plus élevé, la vaccination est plus forte. Il y a une corrélation entre ces deux éléments », conclut-elle. Mais les moyennes d’âge pouvant varier d’une commune à l’autre, cet élément pourrait avoir un impact sur le taux de vaccination de chaque commune puisque la campagne de vaccination a débuté plus tôt pour les personnes âgées. Plus la population d’une commune serait âgée, plus elle aurait un taux de vaccination élevé.

Pour contrôler l’effet de la composition démographique de chaque commune, une décomposition du taux de vaccination par âge et par revenu médian est également révélateur. Le constat reste le même. « Pour chaque classe d’âge, plus une commune a un revenu média bas, plus le taux de vaccination est faible », décrit la chercheuse du CNRS.

Le 3ème arrondissement de Marseille, dont le revenu médias est le plus faible, est également l’un des arrondissements dont le taux de vaccination est le plus bas. Crédit : Florence Débarre, chargée de recherche CNRS affectée à l’Institut d’écologie et des sciences de l’environnement de Paris

Au-delà du constat, les raisons de cette corrélation entre le revenu médian et le taux de vaccination sont multiples. D’après l’enquête Focus, réalisé par la chercheuse Marie Jauffret-Roustide, le refus à la vaccination n’est pas la cause principale de la non-vaccination. Interrogées entre septembre et décembre 2020, seulement 10% des personnes interrogées âgées entre 18 et 29 refusaient de se faire vacciner. 58% des jeunes adultes étaient alors favorables voire très favorables à la vaccination tandis que le reste, soit 30%, hésitaient. Le refus de la vaccination est un élément de réponse mais est loin d’être le seul.

À VOIR AUSSI – Obligation vaccinale, pass sanitaire: peut-on craindre de nouvelles fractures?

La fracture numérique, une problématique d’accès indéniable

« L’accès à la vaccination pour les personnes défavorisées est la principale problématique. Même s’il y a des vaccinodromes, il faut pouvoir se déplacer jusqu’au lieu. Notamment dans les zones rurales, c’est parfois nécessaire d’avoir une voiture pour s’y rendre, ce qui est loin d’être toujours le cas pour les personnes dont le revenu médian est assez faible », explique Marie Jauffret-Roustide, sociologue, chercheur à l’Inserm, spécialiste des politiques de réduction des risques.

De plus, depuis ce lundi, près d’1,7 millions de Français ont pris un rendez-vous de vaccination sur le site de réservations en ligne Doctolib à la suite de l”allocution d’Emmanuel Macron et l’extension du pass sanitaire. Encore faut-il avoir accès à internet pour pouvoir réserver un créneau. « On retrouve ici la problématique de la fracture numérique avec des personnes qui n’ont pas accès à internet ou qui ne savent pas s’en servir. Des difficultés pour lire ou écrire peuvent également rendre compliqué la prise de rendez-vous », met en avant Marie Jauffret-Roustide.

Par ailleurs, le protocole sanitaire en entreprise a récemment élargi les possibilités pour les salariés de s’absenter pour se faire vacciner. Jusque-là, l’employé devait passer par la médecine du travail pour être excusé de son absence, ce n’est plus le cas. Mais de telles dispositions ne sont pas toujours suffisantes pour permettre aux salariés de se faire vacciner sur leur temps de travail. « Quand vous avez un contrat précaire, c’est parfois compliqué de négocier avec votre employeur de s’absenter pour se faire vacciner. C’est une situation délicate à gérer, sans compter les personnes qui travaillent sans être déclarées », explique la sociologue.

Avec la nécessité de détenir un pass sanitaire pour prendre les transports tels que le train ou pour se rendre dans les bars et restaurants, le taux de vaccination est en train de s’accélérer. À voir quelle tranche de la population française sera concernée par cette hausse…



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