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Economie

Pour écouler les invendus, les fleuristes ornent les cimetières et les voitures des soignants


Que faire des fleurs invendues ? Pour éviter qu’elles ne finissent à la poubelle, des vendeurs contraints de fermer décident plutôt d’en faire cadeau aux morts et aux vivants. Simple geste de solidarité envers les soignants ou occasion de rendre hommage aux défunts, les fleuristes, grossistes et producteurs préfèrent encore faire sourire que pleurer.

L’initiative atypique de Murielle Marcenac par exemple, grossiste à Saint-Estève, près de Perpignan, n’a pas manqué de se faire remarquer. Courant de la semaine dernière, elle a déposé ses bouquets invendus sur les voitures du personnel soignant. Du parking de la clinique Saint-Pierre de Perpignan à celui de l’hôpital de Carcassonne, en passant par l’hôpital de Narbonne, Murielle Marcenac a parcouru la région pour «répandre une vague de positivisme». «Je déteste jeter, alors quand je me suis retrouvée avec 2000 bouquets de fleurs invendus sur les bras, j’ai préféré les donner,» raconte-t-elle. Des invendus qui sont la conséquence de la fermeture des rayons non-essentiels en grande surface, sa clientèle principale.

Autre initiative notable: celle d’un horticulteur implanté dans le département de l’Ille-et-Vilaine, qui a déposé son surplus de chrysanthèmes au cimetière de Plerguer, sa commune. «Le dimanche de la Toussaint, nous vendions nos fleurs aux portes du cimetière. Alors à la fin de la journée, j’ai demandé à mes vendeuses d’aller distribuer les chrysanthèmes restants sur les tombes qui n’étaient pas fleuries», témoigne Romain Banliat, gérant de la pépinière Végétal Banliat. Un geste qui «a énormément touché les gens, qui nous ont envoyé beaucoup de messages de soutien», assure-t-il.

Tout comme Romain Banliat, Lucie Nuyttens, fleuriste à Le Perreux-sur-Marne, a fait profiter le cimetière de sa commune des fleurs invendues. «Vendredi dernier, mon équipe et moi-même avons déposé les chrysanthèmes qui nous restaient sur les tombes du Perreux, soient une quarantaine de pots,» rapporte-t-elle. Moins d’invendus que pendant la première semaine du confinement de mars pour la fleuriste, grâce à la dérogation accordée au secteur pendant le week-end de la Toussaint, mais qui représentent tout de même environ «1000 euros», estime-t-elle.

«Ce qu’on va gagner est insignifiant»

Car derrière la beauté de ces gestes solidaires se cache une réalité économique moins attractive pour les professionnels du secteur. Entre les plantes et les fleurs invendues, Marcenac Fleurs, le commerce de Murielle Marcenac, a enregistré «une perte de 40.000 euros» pendant la semaine du 2 au 10 novembre. Sur le mois de novembre et le début du mois de décembre, la grossiste prévoit «une baisse de 10%» de son chiffre d’affaires, «et ça, c’est dans le meilleur des cas, sachant que lors du premier confinement j’avais perdu près de 20% de mon chiffre», précise-t-elle.

Du côté des fleuristes, si la plupart d’entre eux se sont tournés vers la livraison à domicile et le «click&collect», cela ne suffira pas à compenser les pertes à venir. Lucie Nuyttens l’affirme: «On parvient à assurer quelques commandes, mais ce qu’on va gagner pendant la période du reconfinement est insignifiant comparé à d’habitude.» Entre la Toussaint et Noël, les mois de novembre et décembre sont cruciaux pour le secteur, car les ventes effectuées à ce moment-là génèrent environ 25% du chiffre d’affaires des vendeurs.



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