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Economie

Pour la CGT, «les trois quarts» des restructurations n’ont pas de rapport avec le Covid-19


Pas de repos pour la CGT. À quelques jours d’une nouvelle journée de grève et de mobilisation «contre les mesures régressives du gouvernement», le secrétaire général de l’organisation, Philippe Martinez, a estimé sur France Inter que «les problèmes d’hier restent les problèmes d’aujourd’hui, avec cette pandémie, et les solutions, à travers le plan de relance, ne sont pas les bonnes». L’appel à la mobilisation du 17 septembre, annoncé juste après une rencontre avec Jean Castex, en juillet, touche «l’ensemble des professions, public et privé» confondus, pas seulement la SNCF, a-t-il précisé.

Cette journée d’actions doit être l’occasion pour les salariés de lutter contre la «casse sociale», avance la CGT. Elle n’emporte toutefois pas l’adhésion de tous les acteurs. «Je pose simplement la question : à quoi sert cette grève à la SNCF ? Quels sont les objectifs ? Pour quelles raisons aujourd’hui la CGT appelle-t-elle à la grève à la SNCF et qu’est-ce que ça va améliorer pour les cheminots ?», s’est interrogé le ministre de l’Économie Bruno Le Maire. Le patron de la SNCF, quant à lui, s’est dit «convaincu» que la grève serait peu suivie dans son groupe, ajoutant qu’il «s’en serait passé […]. Dans le contexte sanitaire, économique et social, cette grève, on a du mal à la comprendre», a commenté Jean-Pierre Farandou.

Citant l’exemple d’Auchan, où la suppression de près de 1500 postes a été récemment annoncée «alors que le secteur de la distribution n’a pas souffert» de la crise du Covid, Philippe Martinez s’est montré critique envers les entreprises qui profitent de l’épidémie pour annoncer des plans sociaux. Au total, «les trois quarts» des restructurations n’ont pas de rapport avec le Covid-19 mais sont des effets d’aubaine, a dénoncé le représentant syndical, appelant les travailleurs concernés à se mobiliser.

«Les salariés d’Auchan ne doivent rien faire, alors qu’on annonce la suppression de 1500 emplois et que leur patron est parmi les plus riches de France ? On se laisse faire ou on essaie de se défendre ?», a-t-il lancé. Même chose chez Airbus : «Airbus a reçu des aides. Le problème de l’aéronautique, c’est que les avions ne volent pas, mais les carnets de commandes sont pleins, chez Airbus. Or, là aussi, on a donné de l’argent, et plutôt que de trouver des mesures […] on licencie, ce qui va amputer la capacité de l’entreprise de préparer l’avenir».

La CGT estime donc qu’il faudrait poser des «conditions» à l’octroi d’aides publiques pour les firmes en difficulté : «je te prête de l’argent à condition que tu trouves d’autres mesures que le licenciement de tes salariés». Ce type de licenciements, dans une entreprise en bon état, «devrait être formellement interdit», a déclaré le patron de la Centrale de Montreuil. Le syndicat ne fait visiblement pas confiance à Bruno Le Maire pour imposer des contreparties aux entreprises recevant des aides : «c’est pas la première fois qu’il nous fait le coup, en disant qu’il va se fâcher tout rouge. Depuis le début du quinquennat, il y a eu quelques coups de gueule de M. Le Maire, sans effet sur l’emploi et l’avenir des entreprises», a sifflé Philippe Martinez.

À voir aussi – Covid-19: «Qui va payer ?» La CGT réagit à l’obligation du port du masque en entreprise

Pour le responsable, le climat social «tendu» est causé par trois préoccupations majeures : la santé, l’emploi et les mesures sociales. «Les premiers de corvée sont toujours payés comme en février, alors qu’on a dit, à juste titre, qu’ils étaient essentiels pour l’économie», a regretté Philippe Martinez. Se pose également la question du «temps de travail», a-t-il avancé : «si on veut que tout le monde travaille, on peut pas faire travailler plus ceux qui ont déjà du boulot», a considéré le patron de la CGT. Un débat sera également nécessaire sur «la qualité de l’emploi», afin d’améliorer la situation des jeunes, premiers concernés par l’intérim et les CDD, a considéré le syndicaliste.

La CGT dubitative sur le plan de relance

De même, la CGT espère voir la négociation sur le télétravail se poursuivre et mener à un réel accord national interprofessionnel (ANI). «Il faut prendre en compte les réalités nouvelles», a plaidé son secrétaire général, pour améliorer les conditions dans lesquelles se met en place le télétravail pour les salariés. «Pendant le confinement, ce n’était pas du télétravail mais du travail à la maison. Quand on travaille, on ne fait pas autre chose à côté, on ne s’occupe pas de ses gosses et on ne travaille pas 12h non plus», a soupiré Philippe Martinez. Or, pour l’heure, la situation semble bloquée : «le Medef ne veut pas» d’ANI, a-t-il regretté. La CFTC a d’ailleurs quitté les négociations en cours, estimant que la situation exigeait non un «diagnostic» commun, souhaité par le Medef, mais bien la négociation d’un ANI.

Le plan de relance ne trouve pas non plus grâce aux yeux du syndicat. «Ce n’est pas un plan de relance, mais de continuité», avec «beaucoup d’aides aux entreprises» mais peu pour les petits salaires, a regretté le syndicaliste. Seule la poursuite du chômage partiel de longue durée lui semble bien pensée, avec un bémol toutefois : «les salariés sont payés à 84% et pour des petits salaires où on n’arrive déjà pas à finir la fin du mois avec 100%, c’est pas possible». Philippe Martinez conseille donc de solliciter «les assurances, les banques» afin d’accorder des «aides supplémentaires» à ces travailleurs.



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