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Economie

Pour les commerçants parisiens, les soldes d’été sont un échec


Les soldes d’été se terminent dans une semaine et pour de nombreux commerçants parisiens, c’est un peu comme s’ils n’avaient jamais débuté. Après de longues semaines de fermeture dues au confinement, ils espéraient pourtant voir leur chiffre d’affaires grimper à cette occasion. Il n’en a rien été. Selon l’enquête* annuelle de la chambre de commerce et d’industrie d’Île-de-France (CCI), les soldes n’ont pas eu d’effet positif sur le chiffre d’affaires de 61% des commerçants parisiens. «On s’y attendait un peu mais comme toujours, on espère», déplore Didier Kling, président de la CCI Île-de-France.

Plus globalement, pour 9 commerçants sur 10, le résultat des soldes 2020 est inférieur à celui de l’année dernière. En cause, bien sûr, la crise sanitaire. Plus de 40% des commerçants parisiens estiment que les mesures barrières constituent un premier frein important au déplacement en magasin et plombent la fréquentation. «C’est compliqué d’entrer dans les boutiques aujourd’hui, il ne faut pas être plus de trois, porter un masque, on ne peut pas essayer les produits», développe Didier Kling.

Par ailleurs, les commerçants regrettent la décision du gouvernement, qu’ils avaient pour une grande partie appelée de leurs vœux, d’avoir reporté les soldes. Initialement prévues pour le 24 juin, elles avaient été décalées au 15 juillet. Une décision en partie justifiée par le fait que les plus petits commerces devaient se reconstituer une trésorerie après le confinement pour ne pas avoir à brader immédiatement et à perte.

Aujourd’hui, les trois quarts des commerçants parisiens regrettent cette décision. En effet, pendant cette période, Paris a été privée d’une grande partie de ses touristes ainsi que d’une partie de ses habitants dès le début du mois de juillet, partis en vacances. «La stratégie n’a pas été payante», confirme le président de la CCI Île-de-France. Selon lui, les consommateurs restés à Paris avaient d’autres objectifs, comme celui de préparer les vacances, note une commerçante interrogée par l’enquête.

Face à cela, plusieurs constats sont dressés. D’un côté, «ce n’est pas nouveau que les soldes soient décevants», reprend Didier Kling. «Il y a un problème de fond qui est celui du commerce de centre-ville», ajoute-t-il. En effet, selon un rapport gouvernemental de 2016, le nombre de défaillances d’entreprises dans le commerce a augmenté de 20% en quinze ans. «Les habitants ont tendance à aller en dehors des centres-villes, souvent pour des questions de prix. Il faut réinventer les centres-villes», lance Didier Kling.

Il estime également que, malgré la réduction de six à quatre semaines, la durée des soldes reste trop longue. Il prend en exemple la simple journée du Black Friday, au mois de novembre, qui provoque une vague d’euphorie de plus en plus forte dans les commerces. «L’époque ou tout le monde attendait devant les vitrines le jour des soldes a sans doute vécu», déplore-t-il.

Enfin, comme pendant le confinement, c’est le commerce en ligne qui a tiré son épingle du jeu, révèle l’enquête. Plus de la moitié des commerçants (58%), pensent d’ailleurs que les clients habitués au magasin avant la crise sanitaire préfèrent aujourd’hui commander en ligne. «Beaucoup de commerçants nous disent, ‘mon client vient chez moi pour regarder un article, puis il l’achète sur internet et la livraison est faite dans mon commerce’», relate Didier Kling. Une situation qui relègue les commerces au statut de point relais. Et leurs déboires ne devraient pas s’arrêter cet été. 10% des interrogés pensent sérieusement à mettre la clé sous la porte, quand 59% seulement tentent de rester optimistes. Un chiffre évidemment «inquiétant», selon la CCI.

*Enquête effectuée auprès de 300 commerçants parisiens.



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