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Finance

Pourquoi banques et assureurs dominent le marché de la gestion en Europe



Avec l’annonce de la cession de la participation de 22 % de PNC Financial au capital de BlackRock, le plus grand gérant d’actifs au monde avec près de 6.500 milliards de dollars d’encours, perd son premier actionnaire et ses derniers liens avec un groupe bancaire. De fait, les sociétés de gestion indépendantes dominent largement le marché américain et mondial de la gestion d’actifs : BlackRock, Vanguard, State Street ou encore Fidelity géraient tous plus de 2.000 milliards de dollars d’actifs fin 2019.

Le contraste est particulièrement saisissant avec l’Europe. Le leader européen de la gestion, le français Amundi avec plus de 1.500 milliards d’euros d’encours, est une filiale du groupe Crédit Agricole. Suivent la filiale de gestion de l’assureur britannique Legal & General, puis les français Natixis IM, filiale du groupe BPCE, et Axa IM. Des filiales de groupes bancaires (UBS, Deutsche Bank, BNP) et d’assureurs (Allianz, APG, Generali) complètent le tableau.

Contrôle des réseaux de distribution

Le contrôle des réseaux de distribution de produits d’épargne et d’investissement est l’une des principales raisons de cette différence si marquée entre les deux côtés de l’Atlantique. Aux Etats-Unis, des réseaux de conseillers financiers indépendants sont en compétition avec des plateformes en ligne pour orienter l’épargne des particuliers. En Europe continentale, les réseaux bancaires et agences d’assurances restent largement prépondérants.

Cela se traduit par des stratégies très différentes. Les grands gérants américains comme BlackRock, State Street, ou encore Vanguard ont attiré des centaines de milliards d’actifs ces dernières années grâce à des produits peu onéreux et simples d’accès, les fonds indiciels, cotés (ETF) et non-cotés. BlackRock mène ainsi régulièrement des campagnes publicitaires auprès des particuliers américains, alors qu’en Europe la société de gestion se concentre quasi-exclusivement sur les clients institutionnels.

La gestion passive longtemps délaissée

A l’inverse, Amundi multiplie les contrats de distribution avec les groupes bancaires et assureurs. Dernier en date: avec la banque espagnole Sabadell , à l’occasion du rachat de sa filiale de gestion. Le gérant dispose également de contrats de ce type avec la Société Générale, actuellement en renégociation, UniCredit en Italie ou encore Bawag en Autriche. De quoi s’assurer un accès privilégié au marché des particuliers en Europe.

Dans le même temps, les gestionnaires européens ont longtemps délaissé la gestion passive au profit de la gestion active, qui offre des marges supérieures. Ce n’est qu’au cours des dernières années, alors que les géants américains spécialistes de la gestion passive commençaient à prendre des parts de marché auprès des institutionnels, que les grands groupes européens se sont réellement emparés des ETF.



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