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Finance

Pourquoi la Banque d’Angleterre veut encadrer les « stablecoins »



Pas question de laisser les entreprises qui offrent des « stablecoins », ces cryptomonnaies arrimées à des devises traditionnelles et dont les émetteurs prétendent disposer de suffisamment de réserves pour pouvoir maintenir un cours fixe, bénéficier de règles plus lâches que les banques. Dans un rapport qui sonne la charge la plus nette jamais lancée outre-Manche en faveur d’une régulation des cryptomonnaies, la Banque d’Angleterre s’est montrée très claire, lundi. 

Pour la banque centrale, les futurs émetteurs devront disposer des réserves suffisantes à mettre en face des « stablecoins » en circulation pour pouvoir, si nécessaire, rembourser leurs porteurs en monnaie sonnante et trébuchante. « Les stablecoins utilisés comme moyen de paiement devraient atteindre les mêmes standards que l’argent privé des banques, c’est-à-dire que les dépôts bancaires », a averti la Bank of England. « Ils ne doivent pas reposer sur des promesses qui ne peuvent être tenues dans le temps », a-t-elle ajouté. Une consultation a été ouverte sur le sujet, avec appel à commentaires d’ici à début septembre.

Risque de renchérissement du crédit

La vénérable institution s’est livrée dans ce rapport à un exercice de modélisation inédit : elle a regardé ce qu’il adviendrait pour le secteur bancaire si les entreprises et les banques centrales commençaient à proposer des monnaies digitales. Sa conclusion est qu’une grosse proportion des dépôts des banques de détail pourrait alors se transformer en monnaie numérique. « Les dépôts sortiraient du système bancaire », a résumé lundi le gouverneur adjoint de la Banque d’Angleterre, Jon Cunliffe, sur Sky News. Une livre numérique serait en effet émise directement auprès des consommateurs, sans passer par les banques.

« Le système bancaire aurait à attirer des fonds, probablement sur les marchés de gros, parce qu’il perdrait des dépôts. Cela pourrait renchérir le coût du crédit de 0,20 % », selon les modèles qu’a fait tourner la BoE. Pour elle, « il y a un risque de disruption à court terme sur les marchés monétaires si de nouvelles formes de monnaie digitale émergent ». Même si, « à long terme, les marchés devraient s’adapter ».

Régime d’autorisation temporaire

La Banque d’Angleterre n’a pas encore pris de décision sur l’opportunité d’émettre son propre « Britcoin », comme l’a surnommé le ministre des Finances, Rishi Sunak. « L’utilisation des stablecoins comme moyen de paiement et les propositions de monnaies numériques de banques centrales créent de nombreux problèmes que les instituts monétaires, les gouvernements et la société doivent étudier attentivement », a prévenu lundi le gouverneur de la BoE, Andrew Bailey. « Il faut compter des années avant que quelque chose comme ça soit introduit », a précisé Jon Culiffe. 

La banque centrale n’est pas la seule à s’intéresser aux cryptomonnaies. Le régulateur du secteur financier, la Financial and Conduct Authority (FCA), a estimé il y a quelques jours qu’un nombre « significativement élevé » d’entreprises de cryptomonnaies ne respectaient pas la réglementation britannique contre le blanchiment d’argent, ce qui en conduisait beaucoup à retirer leur demande d’agrément. Il a ainsi repoussé du 9 juillet 2021 au 31 mars 2022 la date jusqu’à laquelle elles peuvent bénéficier d’une autorisation temporaire pour continuer d’opérer, le temps pour la FCA de les évaluer. Des dizaines d’entre elles bénéficient de ce régime temporaire, mais seulement cinq sont définitivement enregistrées par la FCA.



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