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Finance

Pourquoi le pétrole retrouve de la vigueur



C’est un tournant. Pour la première fois depuis le début de la pandémie, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) se montre un peu moins pessimiste sur l’évolution de la consommation de pétrole mondiale. La demande va toujours chuter dans des proportions records : 8,6 millions de barils pour jour en moins pour l’ensemble de l’année, sur un total de 100 millions en 2019, a-t-elle annoncé jeudi.

Mais c’est un peu mieux que ce que prévoyait l’agence le mois dernier (-9,3 millions). « Nous voyons les premiers signes d’un rééquilibrage graduel des marchés pétroliers », a déclaré le directeur général de l’AIE, Fatih Birol. C’est le résultat des décisions de déconfinement prises dans de nombreux pays. Fatih Birol a prévenu que cette tendance était « fragile » et qu’elle serait remise en question dans le scénario d’une deuxième vague de l’épidémie.

« Le pire semble derrière nous »

L’AIE n’est pas la seule à constater une amélioration. « La demande rebondit plus vite que prévu », écrit Michael Hsueh, analyste de la Deutsche Bank. En Chine d’abord, mais aussi en Inde et même aux Etats-Unis, relève-t-il, bien que le déconfinement soit récent et partiel dans ces pays. « Le pire semble derrière nous », estiment eux aussi les analystes de Citi.

Ce rebond reste limité. La consommation mondiale de carburants et d’autres produits pétroliers devrait continuer à diminuer tous les mois jusqu’en décembre comparé à l’an dernier, prévoit l’AIE. Aucune reprise n’est en vue, en particulier, pour le kérosène utilisé par l’aviation civile. «La demande reste anormalement faible», souligne l’expert de la Deutsche Bank.

Fort recul de l’offre

L’offre mondiale évolue elle aussi dans le sens d’un rééquilibrage. L’Opep et la Russie ont commencé à mettre en oeuvre les réductions promises dans le cadre de leur accord signé le mois dernier . L’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et le Koweït ont même annoncé qu’ils réduiraient leurs volumes un peu plus que prévu.

La production commence aussi à reculer en dehors de l’Opep, aux Etats-Unis, au Canada, au Brésil, en Norvège… L’agence attend une offre mondiale en baisse de 12 % au mois de mai. Aux Etats-Unis, numéro un mondial du pétrole, elle serait, en décembre 2020, inférieure de près de 3 millions de barils au niveau de décembre 2019, prévoit l’AIE. «La production américaine a reculé dix fois plus vite qu’en 2015-2016», lors du précédent krach pétrolier, relève Michael Hsueh.

Stocks : le reflux a commencé

En conséquence, une amélioration est en vue sur le front du stockage. La perspective de capacités de stockage remplies à ras bord le mois dernier avait provoqué un effondrement des prix. Les cours du WTI américain étaient même tombés en territoire négatif , du jamais-vu.

Les stocks restent à des niveaux records mais le reflux a commencé il y a quelques jours. « Un pic a été atteint le 3 mai, estime Antoine Rostand, PDG de Kayrros, une société qui évalue les données en temps réel grâce à l’analyse des images satellite. Depuis cette date, les stocks, à terre et en mer, baissent en moyenne de 5 millions de barils par jour ». « Le marché pétrolier semble avoir évité les problèmes associés au remplissage complet des cuves », écrivent les analystes de Citi.

Rebond des cours

Il est donc « parfaitement logique » que les cours aient repris de la vigueur, poursuit Antoine Rostand. Le baril de brent a bondi de plus de 50 % depuis le plus bas atteint le 21 avril. Il progressait encore de près de 3 % jeudi en milieu de matinée, repassant la barre des 30 dollars.



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