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Economie

Pourquoi le taux de pauvreté a un peu baissé en 2019 mais va probablement remonter en 2020


Il s’agirait d’une bonne nouvelle… si l’horizon ne s’assombrissait pas aussi vite. L’Insee a publié ce mercredi des statistiques qui montrent que la pauvreté et les inégalités ont reculé en France l’année dernière. Le taux de pauvreté monétaire s’établissait fin 2019 à 14,5% de la population, en retrait de 0,3 point par rapport à 2018, année ou il avait connu une forte hausse (0,7 point). En 2019, 210.000 personnes seraient ainsi sorties de la pauvreté. Le chiffre réjouit le gouvernement qui appelle néanmoins à ne pas s’enflammer.

Tout d’abord, 9,1 millions de personnes avaient toujours des revenus inférieurs à 60% du niveau de vie médian, estimé à un peu plus de 1100 euros mensuels en 2017. Ensuite, les chiffres de l’Insee ne sont qu’une première estimation, deux ans étant traditionnellement nécessaires aux statisticiens français pour produire des données définitives. Enfin «ils sont en parfait décalage avec la situation de crise que nous vivons actuellement», prévient Marine Jeantet, déléguée interministérielle à la lutte contre la pauvreté.

Redistribution

Les données de l’Insee s’avèrent cependant intéressantes dans le sens où elles valident l’efficacité de la politique sociale redistributive française. «La hausse des inégalités de revenus avant redistribution serait plus que compensée par le système socio-fiscal, et en particulier par la hausse du montant de la bonification individuelle de la prime d’activité», notent les experts de l’Insee. L’aide inscrite dans la stratégie initiale de lutte contre la pauvreté du gouvernement a en effet été revalorisée en décembre 2018 en réponse à la crise des «Gilets jaunes». Les critères d’éligibilité ont également été élargis, ce qui a permis de faire grimper le nombre de bénéficiaires de 1,3 million.

Plus de 4,3 millions de personnes, en particulier des familles monoparentales, perçoivent ainsi désormais la prime d’activité. Son montant moyen atteint 185 euros, pour un coût total pour le budget de l’État de 9 milliards d’euros en 2019. «C’est la force de notre système social français. Globalement sans les aides sociales, le taux de pauvreté attendrait 22%. Cela signifie qu’il y a un vrai effet de correction. La prime d’activité est un accélérateur de sortie de la pauvreté qui permet un rattrapage de l’augmentation plus globale des salaires», explique Marine Jeantet.

Au ministère de l’Économie, on ajoute qu’en outre cette photographie de l’Insee ne s’attache qu’aux revenus des personnes, sans s’intéresser aux autres mesures prises pour alléger les dépenses des ménages les plus modestes. «Ces statistiques restent une vision limitée de l’effet des politiques publiques pour améliorer le niveau de vie des plus modestes car, dans la définition du taux de pauvreté monétaire, les mesures qui interviennent pour réduire les dépenses comme le plafonnement des frais bancaires, le chèque énergie, et les politiques de santé ne sont pas prises en compte», affirme Bercy.

Des aides d’autant plus utiles que les revenus, et notamment ceux des plus modestes accusent une forte baisse avec la crise sanitaire. Le ministère des Solidarités confirme des données alarmantes qui montrent une forte augmentation des demandes de RSA surtout depuis le mois de septembre. En cause, en plus des non-sorties du RSA, en conséquence de la chute de l’intérim et des contrats courts, l’arrivée de nouveaux publics comme les indépendants et les commerçants qui ne peuvent pas toucher le chômage. «Pour le moment, il est impossible d’avoir des données précises pour l’année 2020. Le chiffre souvent évoqué d’un million de personnes pauvres supplémentaires ne peut pas être considéré comme statistiquement fiable», plaide le ministère des Solidarités.



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