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Economie

pourquoi les coiffeurs ont augmenté leurs prix


C’était à prévoir : le passage chez le coiffeur sera légèrement plus cher dans les semaines à venir. Depuis le déconfinement, ces professionnels semblent avoir légèrement augmenté leurs prix, comme l’ont noté des internautes. La plupart du temps, ces quelques euros supplémentaires sont directement compris dans le coût final, mais ils font parfois l’objet d’une inscription à l’écart, comme le montre une photo partagée sur Twitter.

Cette hausse n’est pas surprenante : début mai, le patron du Conseil national des entreprises de coiffure (CNEC), Franck Provost, annonçait que le prix des coupes allait certainement être majoré après le déconfinement. L’augmentation devait être de l’ordre de «2 à 5 euros», précisait-il au micro de RMC. «Ce coût de kit d’hygiène, on l’a estimé à 2 euros, on va les répercuter sur la prestation complète», ajoutait le président du groupe Provalliance, avant de déclarer que chaque entreprise du secteur était libre de décider de l’ampleur de cette augmentation.

Une hausse de «2 à 5 euros» en moyenne

«Chacun fait ce qu’il veut et calcule son coût de revient», explique au Figaro le chef de l’Union nationale des entreprises de coiffure (UNEC), Christophe Doré. D’après ses remontées, dans l’ensemble, les professionnels ont appliqué, en moyenne, «une hausse de prix de 2 à 5 euros, même si certains prennent beaucoup plus».

Deux raisons sont invoquées pour justifier cette hausse. D’abord, la perte de productivité entraînée par l’application stricte des mesures sanitaires. «Au bout d’une semaine, le temps que l’on passe à nettoyer le matériel, les outils et à désinfecter les surfaces est considérable, constate celui qui possède lui-même des salons. Notre utilisation des désinfectants est énorme, car dès qu’un client bouge, il faut tout nettoyer derrière. Or, c’est du temps de non-productivité», autrement dit une perte de chiffre d’affaires, décrit le patron de l’UNEC. Et ce, alors que les entreprises sortent d’une longue période de disette.

En outre, cette perte d’activité, qui s’élève à plusieurs minutes par client, se double d’achats importants de matériels de protection, qui pèsent lourd dans le portefeuille des salons. «Il y a beaucoup de monde, cela représente beaucoup de serviettes, peignoirs, qu’il faut laver après utilisation. Un grand nombre de professionnels ont donc acheté des serviettes et peignoirs jetables pour compenser, lorsque leurs stocks sont insuffisants. Derrière s’ajoutent les masques, visières, le gel…», énumère le représentant.

«Les salons n’ont plus le choix, aujourd’hui !»

Ancien champion du monde de coiffure et désormais propriétaire de nombreux salons en France et en Chine, Raphaël Perrier confirme ces propos. «Je comprends que les gens n’aient pas envie de payer, mais tout cela nous coûte une blinde», d’autant plus que les prix des gels hydroalcooliques et masques ont fortement augmenté durant la crise sanitaire. «Les masques sont vendus 0,95 centime pièce , ça monte très vite. Les gants, pareil, les visières aussi. Au bout d’un moment, tout additionné, les salons n’ont plus le choix, aujourd’hui ! Pour le petit coiffeur au bout de la chaîne qui doit tout se payer, c’est difficile aussi», soupire-t-il. Une réalité financière qui s’ajoute à la fragilité du secteur, dont la majeure partie des entreprises n’ont aucun salarié, sont minuscules, souffraient déjà avant le confinement et disposent de peu de trésorerie pour faire face aux coups durs.

Pour compenser ces pertes, certains coiffeurs font donc payer un kit de protection à leurs clients à leur arrivée, ou majorent un peu leurs prix. «Il faut que les clients comprennent bien la situation : les masques, gels, peignoirs jetables, serviettes, sprays désinfectants ont un coût, et on en consomme énormément», plaide Christophe Doré. Quant à savoir jusqu’à quand ces augmentations resteront en vigueur, nul ne souhaite se prononcer : tout dépendra de chaque salon et de l’évolution de l’épidémie. Dans l’ensemble, ces hausses semblent cependant acceptées par la clientèle : «j’ai appelé quelques présidents de région cette semaine et aucun ne rapporte de crainte sur le sujet des prix», raconte le chef de l’UNEC, pour qui les consommateurs comprennent ces «coûts à endosser pour l’entrepreneur».



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